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Belle Bobine

‹ Tout le tiroir Surjeteuses et recouvreuses

Recouvreuse : ce qu'elle fait, et ce qu'elle ne remplace pas

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page publiée le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Une recouvreuse pique un point de recouvrement : une, deux ou trois lignes de piqûre parallèles sur l'endroit du tissu, une chaînette élastique en dessous.

Sans couteau, elle ne coupe rien et ne remplace ni une machine à coudre ni une surjeteuse. Elle sert à ourler un tissu extensible sans qu'il ondule, et à poser une bande ou un bord-côte.

Colette assise devant une recouvreuse

Tu la croises sur les fiches produit dès que tu commences à coudre du jersey, souvent juste après une surjeteuse.

Contrairement à sa cousine, elle ne coupe pas le tissu : elle pique au milieu, jamais sur un bord.

Le prix va de 300 à 3 000 euros selon deux comparatifs indépendants, et l’écart tient moins à la marque qu’au nombre de fils et d’aiguilles réglables.

Qu’est-ce qu’une recouvreuse ?

Le point de recouvrement porte bien son nom. Une, deux ou trois aiguilles piquent des lignes parallèles sur l’endroit du tissu.

En dessous, un boucleur, la pièce qui travaille sous le tissu, enroule le fil en une chaînette, une suite de boucles qui s’étire avec lui.

C’est cette chaînette qui donne l’élasticité, pas le tissu lui-même. Le jersey s’étire, la couture suit.

Point de recouvrement à deux aiguilles vu à plat : sur l'endroit, deux lignes de piqûre parallèles ; sur l'envers, le fil du boucleur qui les relie en zigzag
Les aiguilles travaillent au-dessus du tissu, le boucleur en dessous. Aucun couteau dans ce mécanisme.

Les fiches techniques donnent deux chiffres côte à côte : le nombre d’aiguilles utilisables, de 1 à 3, et le nombre de fils, de 2 à 5 selon le modèle.

Elle ne remplace ni une machine à coudre ni une surjeteuse. Elle pique toujours au milieu du tissu, jamais sur un bord à couper.

Recouvreuse ou surjeteuse : quelle différence ?

Les deux se ressemblent sur une photo, avec leurs cônes de fil alignés. Elles ne font pourtant jamais le même geste.

Une surjeteuse coupe le bord du tissu et l’enveloppe dans le même passage. Une recouvreuse n’a pas de couteau : elle ne peut ni couper ni surjeter, et elle pique loin du bord, au milieu du tissu.

Surjeteuse Recouvreuse
Couteau oui, coupe le bord aucun
Travaille le bord du tissu le milieu du tissu
Point surjet, contre l’effilochage recouvrement, lignes parallèles
Fils 3 ou 4 2 à 5
Rôle coupe, assemble et surfile en un passage ourle et pose une bande, sans assembler

C’est donc l’inverse d’un doublon. La première assemble et finit un bord, la seconde ourle et pose une bande sur un tissu déjà assemblé.

Surfileuse, colleteuse : le vocabulaire qui piège

Le rayon mercerie n’aide pas. Trois mots désignent parfois la même machine, parfois pas.

Surfileuse et surjeteuse nomment le même appareil, celui qui coupe et enveloppe un bord. Les deux mots s’emploient l’un pour l’autre dans les fiches produit.

Colleteuse, en revanche, désigne une recouvreuse professionnelle, réglée sur cinq fils pour poser un bord-côte ou un col. C’est le terme qu’on croise sur les machines industrielles, rarement sur celles vendues en mercerie de loisir créatif, même quand la machine se règle exactement pareil.

Le mot recouvrement, lui, reste toujours celui du point, jamais celui de la machine.

À quoi sert une recouvreuse ?

Sur du jersey, un ourlet cousu à la machine à coudre classique craque au premier lavage : le fil ne s’étire pas avec le tissu.

La recouvreuse règle ce problème précis. Elle ourle un tee-shirt, un legging ou un maillot de bain sans qu’il ondule ni casse à l’usage.

Elle pose aussi un bord-côte ou un élastique sur une encolure, un poignet ou une taille, ce qu’une machine à coudre fait mal sur un tissu qui s’étire.

Sur un tissu tissé, en coton ou en lin, elle sert surtout à la surpiqûre décorative : deux lignes parallèles nettes, sans utilité mécanique particulière.

Techniquement, elle pique bel et bien des coutures, donc oui, on peut coudre avec.

Mais sans marche arrière ni point d’arrêt franc, elle reste une machine de finition, pas de montage. Elle n’assemble jamais un vêtement de bout en bout, du premier au dernier point.

Le combiné surjeteuse-recouvreuse, bonne idée ?

Des machines cumulent les deux métiers, avec un réglage qui bascule d’une fonction à l’autre. La Pfaff Admire Air 7000 fait ça à l’envers : elle reste avant tout une surjeteuse, avec un mode recouvrement en plus.

L’avantage tient à la place gagnée sur la table de couture, une machine au lieu de deux. Les modèles à cinq fils et plus assemblent même un jean, ce qu’une recouvreuse seule ne fait jamais.

L’inconvénient, c’est le changement de configuration : reboucler les fils autrement à chaque bascule prend du temps, et c’est là que ça se complique.

Deux machines dédiées coûtent souvent moins cher qu’un seul combiné équivalent, et chacune reste enfilée en permanence sur son propre métier.

Quel budget prévoir pour une recouvreuse ?

Deux comparatifs indépendants s’accordent sur la même fourchette, de 300 à 3 000 euros. Les modèles vus en recherche s’y inscrivent bien : moins de 500 euros en entrée de gamme, plus de 2 000 sur les modèles professionnels ou les combinés.

La plupart des recouvreuses tournent entre 1 000 et 1 300 points par minute, quel que soit le budget. Ce qui change avec le prix, c’est le nombre d’aiguilles réglables, le nombre de fils, jusqu’à 5 sur les modèles dits colleteuses, et le réglage électronique de la tension.

Brother, Janome, Singer et Pfaff couvrent surtout l’entrée et le milieu de gamme. Baby Lock et Juki se retrouvent plutôt sur les combinés et le semi-professionnel.

Janome met en avant cinq ans de garantie sur sa gamme CoverPro, un repère à comparer d’une marque à l’autre avant de comparer les prix.

C’est une machine de troisième achat, après la machine à coudre et la surjeteuse, presque jamais un premier équipement.

Avant elle, le choix d’une première machine à coudre se joue sur d’autres critères. Une fois le jersey maîtrisé, c’est vers une surjeteuse que la plupart se tournent en premier.

Le réflexe de la maison reste le même qu’ailleurs : vérifier l’état de ce qu’on a déjà avant d’acheter. Une fermeture éclair qui coince se répare pour moins cher qu’une recouvreuse neuve, et ça vaut le détour avant de sortir la carte bleue pour une troisième machine.