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Belle Bobine

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Patron de couture : lire la pochette et sa taille

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page publiée le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Un patron de couture est le modèle en papier d'un vêtement, une pièce par morceau de tissu à couper.

Chaque éditeur publie son propre tableau de mensurations : un tour de poitrine de 92 centimètres donne une taille 40 chez Burda et une taille 14 chez Vogue, McCall's ou Butterick. C'est ce tableau qui décide de l'achat, pas le numéro imprimé sur la pochette.

Colette tenant une pochette de patron de couture illustrée

Le numéro imprimé sur une pochette de patron ne veut rien dire tant qu’on n’a pas ouvert le tableau de mensurations de la marque.

Deux pochettes posées côte à côte décrivent le même corps avec des numéros séparés de vingt-six. Ça n’est pas une erreur d’impression.

Tout part d’un chiffre et d’un mot. Le chiffre, c’est ton tour de poitrine mesuré, et le mot, c’est l’aisance, l’écart que l’éditeur ajoute entre ce chiffre et le vêtement fini.

J’ai repris les tableaux de tailles de trois familles d’éditeurs et la grille d’aisance des marques américaines. Ce qu’un même tour de poitrine devient sur chaque pochette est en tableau plus bas.

Qu’est-ce qu’un patron de couture ?

Le Robert le définit comme un « modèle de papier ou de toile préparé pour tailler un vêtement ».

En pratique, c’est un jeu de pièces de papier, une par morceau de tissu, plus une notice de montage. Le tableau de mensurations de l’éditeur se trouve dans les premières pages de cette notice.

On dit aussi un modèle. Dans le métier, le mot patronage désigne le travail de tracé qui produit ces pièces, et c’est un emploi professionnel que les dictionnaires courants ne donnent pas.

Quel patron acheter en premier ?

Un patron d’éditeur indépendant, en pochette, sur un vêtement simple : un haut sans col rapporté, une jupe à taille élastique, une robe droite. Pas de doublure, pas de col monté sur pied.

La raison tient à la notice et pas à la coupe. Leurs pochettes contiennent en général un livret d’explications illustré, écrit pour quelqu’un qui n’a jamais assemblé de vêtement.

Burda présente d’ailleurs son magazine Easy comme celui des débutantes, avec des patrons individuels prêts à découper et des explications en pas à pas illustrées.

Son mensuel classique fonctionne autrement. Plusieurs modèles y sont imprimés les uns par-dessus les autres sur la même planche, et chaque pièce se relève au calque, c’est-à-dire se recopie à travers une feuille transparente.

Pour ce relevé : un papier à décalquer Prym quadrillé à 13,50 €, ou un rouleau transparent ELES VIDA à 16,95 €.

C’est faisable dès ton premier projet. Ça ajoute une étape de relevé au moment où on a le moins envie d’en ajouter.

Certains livres de couture évitent ce problème : un patron imprimé directement dans les pages, sur une planche à décalquer, sans superposition.

Les grandes marques et les indépendants

Trois familles d’éditeurs se croisent dans les rayons français. Elles ne s’adressent pas au même niveau.

Burda est allemand. Il vend à la fois un magazine mensuel, des pochettes et des fichiers à télécharger, ce qui est rare.

Vogue, McCall’s et Butterick publient le même tableau de mesures que Simplicity, parce qu’elles ont le même éditeur. Ce sont des marques américaines qu’on croise en mercerie française, traduites ou non.

Les indépendants sont français pour la plupart, et beaucoup plus nombreux que les quatre ou cinq noms qui circulent. Maison Fauve, I AM Patterns et Ikatee font partie de ceux qu’on croise en boutique.

Deer&Doe, la marque française la plus connue du lot, appartient depuis peu à l’éditeur canadien Closet Core Patterns, et son site français redirige désormais vers le sien.

Ce qui les distingue vraiment, c’est le corps qu’ils dessinent. Deer&Doe publie deux gammes séparées, l’une de la taille 34 à 48 construite sur la taille de référence 40, l’autre de 46 à 62 construite sur la 52.

Même marque, même robe, deux tracés de buste différents. Les américaines font pareil, avec une gamme dessinée pour un bonnet B et une autre pour un bonnet C.

Quels types de patrons existe-t-il ?

Quatre, et c’est le support qui les sépare, jamais le modèle.

La pochette papier : les pièces sont imprimées sur un papier fin, prêtes à relever, avec la notice glissée dans l’enveloppe.

Le fichier PDF : des pages A4 à imprimer chez soi et à raccorder, ou une planche A0 à faire tirer chez un imprimeur. Les deux versions sont souvent vendues ensemble.

Le fichier projecteur : le patron est projeté sur le tissu, sans papier du tout. Chaque taille y forme un calque qu’on affiche seul, ce qui évite de suivre son trait au milieu de dix autres.

La planche de magazine : plusieurs modèles superposés sur une grande feuille, en traits de couleurs différentes, à relever au calque.

Le PDF arrive dans la minute, la pochette par la poste. C’est souvent ce qui tranche.

Prendre son tour de poitrine

Une seule mesure ouvre tous les tableaux qui suivent, et elle se prend en trente secondes.

Passe le mètre ruban à l’endroit le plus fort de la poitrine, par-dessus le soutien-gorge, bien horizontal devant. Tu poses, tu ne serres pas.

Prise du tour de poitrine au mètre ruban, posé horizontalement à l'endroit le plus fort, ni au-dessus ni en dessous
C'est ce chiffre qui ouvre le tableau de l'éditeur, jamais ta taille de prêt-à-porter.

Pour une jupe ou un pantalon, c’est le tour de hanches qui commande, pris à l’endroit le plus fort lui aussi.

Et si tes mesures tombent sur deux tailles différentes, suis la poitrine pour un haut et les hanches pour un bas. Le reste se rattrape à l’essayage.

Un 40 ici, un 14 ailleurs

Voilà ce qu’un même tour de poitrine devient selon la pochette que tu tiens.

Tour de poitrine mesuré Burda Deer&Doe Vogue, McCall’s, Butterick
84 cm 36 36 10
88 cm 38 38 12
92 cm 40 40 14
96 cm 42 42 16

Burda et Deer&Doe tombent à un centimètre près sur toute la plage. Les marques américaines décrivent le même corps avec un numéro inférieur de vingt-six, du haut en bas du tableau.

L’écart d’une taille à l’autre ne suit pas le même pas. Burda monte de quatre centimètres à chaque cran jusqu’à la 46, puis de six, les américaines de quatre puis de cinq.

Donc chercher son 38 habituel sur une pochette américaine ne mène nulle part, et un 14 n’a rien d’une grande taille.

Une réserve, et elle compte au comptoir. Certaines pochettes impriment leur propre équivalence française, décalée de vingt-huit et non de vingt-six.

Mesure, puis lis le tableau de la marque. Le numéro imprimé à côté ne se recoupe pas d’une maison à l’autre.

La stature de référence, elle, se ressemble d’une famille à l’autre. Deer&Doe trace pour 168 centimètres, les américaines pour une femme de 165 à 167 centimètres.

Lire la pochette avant d’acheter

Trois informations décident, le reste est de la mise en scène.

Le tableau de mensurations : il appartient à la marque et il donne la taille à couper, comme le montre le tableau ci-dessus.

Les marges de couture : Vogue, McCall’s, Butterick et Simplicity les comprennent, au format américain de 5/8 de pouce, soit 1,6 centimètre. Les indépendants français les incluent aussi, le plus souvent à 1 ou 1,5 centimètre, et la notice le dit en première page.

Sur une planche de magazine, ça dépend du numéro, et l’introduction du cahier le dit. C’est une ligne à lire avant de couper, parce que l’ajout d’une marge ne se fait pas sur tous les bords d’une pièce.

Le mot qui décrit la coupe : sur une pochette américaine, ajusté et ample ne sont pas des impressions, ce sont des paliers chiffrés publiés par l’éditeur.

Mention sur la pochette Aisance ajoutée à la poitrine
Près du corps 0 à 7,5 cm
Ajusté 7,6 à 10,2 cm
Semi-ajusté 10,5 à 12,7 cm
Ample 13 à 20,3 cm
Très ample plus de 20,3 cm

Ces valeurs valent pour les robes, chemisiers et hauts. Les vestes et les manteaux ont leur propre grille, plus large de plusieurs centimètres à chaque palier.

Un chemisier annoncé ample sur un tour de poitrine de 92 centimètres sortira donc à 105 centimètres au moins. Ça se voit sur la photo, ça ne se devine pas au chiffre.

Où acheter ses patrons de couture ?

En mercerie, chez l’éditeur, en kiosque ou chez un marchand de tissu. Ces quatre circuits ne donnent pas accès au même catalogue.

En mercerie physique, on trouve surtout Burda et les marques américaines en pochette, plus quelques indépendants selon la boutique. L’intérêt est de repartir avec le tissu le même jour, ce que le rayon patrons d’une mercerie permet et qu’une commande ne permet pas.

Sur le site de l’éditeur, le catalogue est complet et le PDF se télécharge dans la foulée. Chez un indépendant, c’est souvent le seul point de vente de tout son catalogue.

En kiosque, un numéro donne accès à plusieurs modèles d’un coup, à condition d’accepter le relevé au calque.

Chez les marchands de tissu en ligne, enfin, le patron et le coupon partent dans le même colis.

Une fois la pochette entre tes mains, le tissu ne se coupe pas encore. La taille se relève au tableau, puis les pièces se placent sur le tissu dans un ordre qui décide de la tenue du vêtement.

Pour juger l’aisance avant de tailler dans le beau tissu, on monte une toile, un premier essai en cotonnade bon marché. Elle se passe sur un mannequin réglable réglé à tes mesures.

Un mannequin réglable d’occasion se trouve autour de 90 euros sur Leboncoin : avant de payer, demande au vendeur son tour de poitrine, molettes de réglage fermées.

Le vêtement qui revient le plus souvent en premier projet reste la robe, et le niveau annoncé par l’éditeur y varie du tout au tout. Laquelle coudre en premier se décide sur la fermeture et sur les manches.

Liens partenaires : si tu achètes après avoir cliqué, Belle Bobine touche une commission, sans que ton prix change. Ça ne décide jamais de ce qu’on recommande.