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Belle Bobine

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Mercerie : ce qu'on y trouve, et les mots à connaître

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page publiée le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Une mercerie vend tout ce qui entre dans un vêtement sans être du tissu : boutons, fils, fermetures à glissière, élastiques, rubans, biais, aiguilles, épingles, thermocollants.

Le mot vient du latin merx, la marchandise, et le mercier du Moyen Âge vendait de tout, des soieries à la quincaillerie. Beaucoup de merceries vendent aussi du tissu au mètre, mais c'est un second métier.

Colette derrière trois bocaux de boutons et des rouleaux de ruban et de galon

Une mercerie vend tout ce qui entre dans un vêtement sans être du tissu.

Boutons, fils, fermetures à glissière, élastiques, rubans, biais, aiguilles, épingles, thermocollants. Les deux enseignes ouvertes en annoncent entre 30 000 et 60 000, et ce sont presque toutes de petites choses.

C’est le rayon où une débutante se perd le plus vite, parce que les étiquettes parlent une langue qu’on ne lui a jamais apprise.

J’ai repris les catalogues des merceries françaises, les définitions des dictionnaires et les notes publiées sur les places d’avis, pour remettre chaque mot en face de l’objet qu’il désigne.

Ce qu’on trouve dans les tiroirs

Cinq familles couvrent la quasi-totalité d’une mercerie.

  • La fermeture : boutons, pressions, fermetures à glissière, agrafes, velcro, et les œillets, ces anneaux de métal qu’on pose à la pince pour passer un lacet.
  • Le fil : à coudre, élastique, à surfiler pour les surjeteuses, à broder pour la broderie à la machine, et à bâtir, un fil bon marché qui sert aux coutures provisoires qu’on retire ensuite.
  • La bordure : biais, extrafort, galons, rubans, dentelles, passepoil.
  • Le maintien : élastiques de couture, thermocollants, entoilages qu’on repasse sous un col pour le tenir, et baleines, ces lames souples cousues dans un bustier.
  • L’outil : aiguilles, épingles, craies, mètres rubans, ciseaux, et le découd-vite, ce petit crochet qui ouvre une couture sans toucher au tissu.

Le reste tient dans un tiroir : perles, breloques, étiquettes tissées, boutons de créateur vendus à l’unité.

Une mercerie en tient une partie. Une enseigne en ligne tient tout, sans le conseil du comptoir.

Pour la sélection resserrée sur ce qui sert vraiment à un premier ouvrage, sans les cinq familles complètes du tiroir, quatre familles d’accessoires suffisent déjà à commencer.

Les mots des étiquettes

C’est là que tout se joue. Personne ne prend la peine de traduire ces mots à celle qui les lit pour la première fois.

Le mot sur l’étiquette Ce que c’est
Biais une bande de tissu coupée à 45 degrés, qui épouse un bord arrondi,
Extrafort un ruban tissé au droit fil, plat et rigide, le plus souvent en polyester, pour border ou renforcer un bord droit, le bas d’un pantalon raccourci par exemple
Gros-grain un ruban côtelé et ferme, pour les ceintures de jupe et les rubans de chapeau
Thermocollant un support enduit de colle qui se fixe au fer, à choisir au poids du tissu
Fil mousse un fil texturé et extensible, pour les boucleurs d’une surjeteuse et la canette d’une machine
Fermeture séparable les deux moitiés se détachent entièrement, c’est celle d’un blouson
Fermeture invisible les dents se cachent derrière le ruban, on ne voit qu’une couture
Numéro du fil plus le numéro est grand, plus le fil est fin : 120 pour du fin, 30 pour du jean
Trois rubans de mercerie vus de près : le biais coupé en diagonale, l'extrafort tissé au droit fil, le gros-grain côtelé, et un biais posé sur une encolure arrondie
Le sens du tissage décide de tout. Le biais est coupé en diagonale, c'est ce qui lui permet de suivre une encolure sans faire de plis, là où l'extrafort tire.

Deux confusions reviennent tout le temps.

Le biais et l’extrafort se ressemblent en rayon. Mais le biais est coupé en diagonale et suit une courbe, là où l’extrafort tire sur un arrondi.

Le fil mousse, lui, ne se met jamais dans l’aiguille d’une machine à coudre. Sa place est dans les boucleurs d’une surjeteuse, ou dans la canette quand on veut une couture qui s’étire avec le jersey.

Mercerie ou magasin de tissu ?

Deux métiers voisins, souvent sous la même enseigne.

La mercerie vend le petit article. Le magasin de tissu vend la matière au mètre, coupée au comptoir.

La plupart des enseignes françaises font les deux aujourd’hui, et le rayon mercerie sert surtout à finir ce qu’on a acheté au rayon tissu.

La distinction compte au moment de comparer deux prix. Un même ruban se vend au mètre coupé chez l’un et par carte entière de trois mètres chez l’autre, ce qui n’est pas le même prix au mètre.

Le biais a sa page, comme la fermeture à glissière, et la matière au mètre se compare encore autrement.

D’où vient le mot ?

Du latin merx, la marchandise, tout simplement.

Un mercier était au départ un marchand, pas un spécialiste. Sa corporation est attestée à Paris dès 1137, autour des halles de Champeaux.

Le métier couvrait alors les étoffes d’Orient, la quincaillerie, les miroirs, les tableaux. On disait des merciers qu’ils étaient marchands de tout et faiseurs de rien.

Ils prennent le troisième rang des six corps de marchands parisiens en 1613, puis sont réunis aux drapiers en 1776.

Le rétrécissement du mot vers le bouton et le fil est donc récent à l’échelle du métier. Ça explique pourquoi une mercerie vend encore des choses qui n’ont aucun rapport entre elles.

Ce qu’on achète de travers

Trois erreurs coûtent plus cher que tout le reste du panier.

La fermeture à glissière de la mauvaise longueur. Elle se mesure entre les deux arrêts, rubans non comptés, et un modèle annoncé en 20 centimètres fait environ 22 centimètres bout à bout.

Une fermeture trop longue se raccourcit par le haut, jamais par le bas. La page sur la remise en état d’un zip détaille les arrêts et leur rôle.

L’élastique acheté à sa mesure. Un élastique se coupe plus court que le tour qu’il doit serrer, de 5 à 10 % selon la souplesse du tissu, sinon il ne tient rien.

Le thermocollant pris au hasard. Le poids du support doit suivre celui du tissu, et un entoilage trop ferme raidit un col pour de bon.

En cas de doute, prends le support le plus léger : il se double, un col raidi ne se rattrape pas. Les familles de thermocollant se distinguent d’abord par ce poids.

Quel site de mercerie choisir ?

Rascol et Ma Petite Mercerie sont les deux catalogues que j’ai ouverts, et ils ne jouent pas dans la même cour sur le nombre de références.

Rascol annonce une affaire familiale née à Montpellier en 1974, une boutique en ligne ouverte en 2000 et un entrepôt depuis 2013. Selon les pages de son propre site, l’enseigne revendique de 50 000 à 60 000 références.

Ma Petite Mercerie annonce plus de 30 000 références, tient un magasin à Gaillac dans le Tarn et propose le retrait sur place. Sur les places d’avis, l’enseigne affiche 4,9 sur des dizaines de milliers de commentaires.

Si tu veux un verdict : commande chez celui qui coupe au mètre exact plutôt qu’à la carte entière. Et regarde le délai annoncé hors période de fêtes.

Pour une pièce unique, un bouton à assortir ou un zip d’une longueur précise, la boutique reste imbattable. Tu vois la couleur, et tu repars avec.

À Marseille, la boutique de tissus Bensimon vend aussi au mètre sur son site.

Trouver de la mercerie pas chère

Trois pistes, dans l’ordre où elles rapportent.

Les rayons de déstockage des grandes enseignes en ligne écoulent les fins de coloris, parfois à moitié prix, sur des articles parfaitement neufs.

Les merceries bradent souvent leurs fonds de tiroir, boutons dépareillés et coupons de ruban, sans jamais l’annoncer en ligne.

Et les ressourceries et associations de couture revendent les stocks de merceries fermées. C’est là qu’on trouve les boutons anciens et les fermetures en métal.

Ce qu’il faut avoir d’avance

Une mercerie ferme le dimanche. Une commande en ligne met deux à cinq jours à arriver.

Garde donc en réserve du fil noir, du fil blanc, du fil écru, un jeu d’aiguilles de machine neuves et un mètre de thermocollant léger.

Ces cinq articles couvrent la moitié des urgences, et aucun ne se périme. Le reste s’achète au projet, pas au cas où.

Pour tout avoir d’un coup : un kit couture JUNING à 6,98 €, ou une boîte vintage MKNZOME à 29,98 €.

Une dernière chose, pour la première visite. La phrase qui ouvre toutes les portes derrière un comptoir de mercerie, c’est de dire ce que tu couds plutôt que ce que tu cherches.

« Je fais une jupe en coton et je dois border l’encolure » vaut mieux que « il me faudrait du biais ». La personne en face connaît son tiroir, pas ton projet.

Pour le fil, un polyester tout usage en numéro 120 couvre presque tout, et c’est ce qu’on appelle un fil à coudre universel.

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