Il existe des dizaines de formes de robe et deux ou trois seulement se cousent quand on n’a jamais monté de vêtement.
Ce qui les sépare n’est ni la longueur ni le tissu. C’est ce qui ferme la robe, et ce qui se passe à l’emmanchure, le trou dans lequel vient se coudre la manche.
J’ai ouvert les fiches de trois éditeurs une par une, pour relever le niveau qu’ils annoncent eux-mêmes et la mercerie qu’ils réclament.
Tous les métrages cités ici valent pour une laize de 140 centimètres, la laize étant la largeur du rouleau de tissu.
La taille à couper, elle, ne se décide pas ici. Elle se lit sur le tableau de mensurations de l’éditeur, et chaque maison publie le sien.
Quelles formes de robe existent ?
Le rayon robes d’un grand éditeur compte près de trente entrées, de la trapèze à la robe housse, en passant par la fourreau, l’empire et la robe à étages.
Pour choisir, quatre suffisent, et elles se distinguent par leur fermeture.
La robe sans fermeture s’enfile par la tête et se retient par des fronces ou un élastique. C’est la famille de la Cassiopée d’I AM Patterns, classée simple par son éditeur.
La robe à pressions ou à liens se passe de boutonnière comme de zip. La robe Transat tient ainsi, avec deux boutons pression.
La robe à zip demande une fermeture invisible posée dans une couture de côté ou de dos. Maison Fauve en met une de 40 centimètres sur Péninsule comme sur Rosalie.
La robe boutonnée, portefeuille ou chemise, remplace le zip par une rangée de boutons et autant de boutonnières. C’est là que les niveaux annoncés grimpent.
La première robe n’a pas de fermeture
Deux modèles répondent à la question. Leurs éditeurs les placent eux-mêmes tout en bas de l’échelle.
La Transat de Maison Fauve est annoncée débutant. Sa liste de fournitures tient en deux lignes : deux boutons pression, et 40 sur 70 centimètres de thermocollant pour le bord des encolures et la fente du milieu devant.
Ni zip, ni boutonnière, ni col rapporté. Le buste est plissé aux épaules, l’encolure descend en V devant et dos, et la ligne se cintre par des ceintures.
La Cassiopée d’I AM Patterns est annoncée simple. Des fronces à la poitrine et à la taille, une jupe fluide, des manches trois-quarts chauve-souris, et rien à fermer.
Chez Burda, le repère est un chiffre imprimé sur chaque fiche. Un pour super facile, deux pour facile, trois pour moyen, quatre pour avancé.
Une robe en jersey y est donnée à un, une robe vintage à trois, une robe de mariée en guipure à quatre.
Ce qu’ajoutent un col et une doublure
Trois pièces font monter le niveau annoncé. Ce sont toujours les mêmes.
Le zip invisible revient dans les points techniques de Péninsule et de Rosalie, classées intermédiaire et avancé par leur éditrice. Il se pose dans une couture de côté, et la fermeture éclair se prend à la longueur exacte du patron, 40 centimètres sur ces deux robes.
Le col monté est nommé noir sur blanc dans les points techniques de Péninsule. La robe chemise Atlas passe en avancé chez la même maison, sur son boutonnage travaillé et les plis de son devant.
La doublure, elle, manque à la plupart des patrons de robe. La fiche de Rosalie l’écrit et propose à la place de glisser dessous un caraco, le patron Blush de la même maison.
Ça se règle au moment d’acheter le tissu. Un métrage annoncé couvre la robe seule, jamais une doublure qui n’est pas au patron.
Combien de tissu pour une robe ?
Entre 180 et 230 centimètres en laize 140 pour les tailles les plus petites, selon le modèle et sa longueur.
| Modèle et éditeur | Niveau annoncé | Ce que la fiche réclame | Tissu en laize 140 |
|---|---|---|---|
| Transat, Maison Fauve | Débutant | deux boutons pression | 180 cm du 34 au 40 |
| Cassiopée, I AM Patterns | Simple | aucune fermeture | 190 cm en 34 et 36 |
| Cuba Libre, Maison Fauve | Intermédiaire | des manches montées, un élastique | 230 cm en 34 et 36 |
| Soho, Maison Fauve | Intermédiaire | un bouton pression, trois boutons | 230 cm du 34 au 38 |
| Péninsule, Maison Fauve | Intermédiaire | un col, un zip invisible de 40 cm | 210 cm du 34 au 38 |
| Atlas, Maison Fauve | Avancé | quatre boutons, un boutonnage travaillé | 220 cm du 34 au 42 |
| Rosalie, Maison Fauve | Avancé | un zip invisible de 40 cm, une fente | 230 cm du 34 au 40 |
Six de ces sept fiches sortent de la même maison, et c’est justement ce qui les rend comparables. Même gamme de tailles du 34 au 52, mêmes marges de couture de 1 centimètre, même façon de compter.
Ce métrage suppose un placement précis des pièces. Chacune se pose dans le sens de la longueur du tissu, ce qu’on appelle le droit fil, ce qui interdit de les faire tourner pour gagner de la place.
Donc le chiffre de la fiche n’est pas une propriété de la robe. Il dépend aussi de la largeur du rouleau, et l’écart surprend.
I AM Patterns demande 190 centimètres de Cassiopée en laize 140. Pour la même robe et la même taille, en laize 110, la fiche monte à 275 centimètres.
L’emmanchure n’est pas où on croit
Aucune des fiches ouvertes ne met l’emmanchure dans ses points techniques. Elles nomment le zip, le col, les fronces, les plis du buste.
Une seule s’en approche. Sur la robe Cuba Libre, les points techniques annoncés sont l’encolure en V, les fronces, la pose de l’élastique et le fait de coudre des manches montées.
Une manche montée est taillée à part, puis rapportée dans l’emmanchure par une couture en rond. Elle suffit à faire passer ce modèle en intermédiaire.
La Cassiopée, avec ses manches chauve-souris, reste classée simple.
Sur une robe sans manche, il reste quand même l’emmanchure à fermer. Une bande de biais, ce ruban coupé en diagonale qui épouse les courbes, en fait le tour proprement.
La longueur se paye en tissu
Une robe et sa version blouse sortent souvent du même patron, et le tissu, lui, n’est pas le même.
L’éditrice de Rosalie demande 230 centimètres pour la robe du 34 au 40, et 140 centimètres pour la version blouse. Quatre-vingt-dix centimètres d’écart, à taille égale.
Sur la robe chemise Atlas, c’est 220 centimètres en manches courtes du 34 au 42, et 240 en manches longues.
Vingt centimètres pour rallonger les manches d’Atlas, quatre-vingt-dix pour passer de la blouse Rosalie à la robe. La longueur est de loin le poste le plus cher.
Et l’écart se creuse avec la taille. La même Atlas passe à 300 centimètres du 44 au 52 en manches longues.
Les patrons de robe gratuits
Les éditeurs tiennent une rubrique de patrons gratuits à côté de leurs pochettes. Ce sont presque toujours des extensions d’un modèle payant, une version blouse ou une manche de plus, jamais une robe entière.
Le gratuit demande le même travail que le payant. Une imprimante, du papier, et les pages A4 à raccorder une par une.
Burda rappelle sur ses fiches d’imprimer à cent pour cent, puis de sortir la page du carré de contrôle et de le mesurer avant d’imprimer le reste.
Là où le gratuit coûte vraiment, c’est en notice. Les pochettes annoncent un livret illustré et un tutoriel vidéo, ce qu’un fichier gratuit n’accompagne pas toujours.
C’est le critère qui décide : les patrons gratuits se trient d’abord sur leurs explications, pas sur leur photo.
La fiche d’Atlas nomme bien le boutonnage travaillé, sans dire ce qui coûte vraiment. Elle demande une rangée de boutonnières régulières, toutes à la même longueur.

