En couture, le mot pince désigne quatre choses.
Celle du maroquinier, un outil en bois qui serre le cuir, sert au point sellier. C’est elle qu’on te conseille quand tu commences le cuir à la main.
La bonne nouvelle : elle ne coûte pas forcément cent cinquante euros, et sa forme compte plus que son bois.
Quels types de pinces en couture ?
- La pince de sellier, dite pince à coudre : elle tient le cuir pendant la couture main. C’est le sujet de cette page.
- Les pinces à tissu, souvent vendues sous le nom de pinces à coudre : de petites pinces en plastique de 25 à 27 mm, vendues par dix ou vingt pour quelques euros. Elles remplacent l’épingle sans percer, sur le velours, le cuir ou à la surjeteuse, où l’épingle est déconseillée.
- La pince à pression, comme la Vario de Prym, qui serre les deux moitiés d’un bouton. La pince qui pose les boutons pression se choisit selon la famille de bouton.
- La pince du vêtement, qui n’est pas un outil : c’est un pli cousu en pointe qui donne du volume, à la poitrine ou à la taille.
Comment coudre une pince de vêtement ?
Reporte les lignes sur l’envers, plie endroit contre endroit en les superposant, puis pique de la base, le côté large, vers la pointe. Des points d’arrêt au départ, aucun à la pointe : quelques points dans le vide, puis un double nœud à la main.
Au repassage, une pince de poitrine se couche vers le bas, une pince de taille vers les côtés. Ses lignes se reportent en même temps que les crans et les autres repères du patron.
À quoi sert une pince de sellier ?
Le point sellier est le point de la maroquinerie cousue main, réputé le plus solide.
Il se coud avec deux aiguilles, une à chaque bout du même fil. Chaque trou se perce à l’alêne, une lame en losange sur un manche.
On peut aussi les faire d’avance à la griffe à frapper, un peigne à dents qu’on frappe au maillet pour marquer ou percer plusieurs points d’un coup.
Les deux mains sont prises, donc il faut une troisième main pour tenir le cuir. C’est la pince : deux mâchoires en bois serrent la pièce, et la pince tient entre tes jambes, sous toi ou sur la table.
À la machine, la question ne se pose pas : une machine familiale coud le cuir fin si l’aiguille et le pied suivent. Pour ce chemin-là, commence par les bases de la couture à la machine.
Trois formes : jambes, valet ou table
Entre les jambes, c’est la pince traditionnelle : 1,05 à 1,30 m de frêne ou de hêtre, posée sur son pied, que tu serres entre tes jambes, assise. Les versions pliantes tombent à 57 ou 60 cm repliées.
Elle tient de grandes pièces, sacs ou cartables, et se transporte sans établi. En échange, la position est figée et fatigue les jambes et le dos.
Le valet de couture est une pince verticale. Selon le modèle, il se pose sur une table, se serre entre les jambes ou se chevauche.
Sur le valet en T, on s’assoit sur sa base, une jambe de chaque côté, et la pièce est tenue plus haut, ce qui soulage le dos.
Son angle cache en revanche la ligne de couture au moment de percer : il convient donc aux trous faits d’avance à la griffe à frapper.
Sur la table, les pinces courtes se fixent au bord d’un plateau, et certaines se serrent aussi entre les jambes. Les valets à fixer sur un établi sont les plus stables, mais ils ne bougent plus.
Comment s’en servir pour le point sellier ?
- Protège les mâchoires avec deux morceaux de cuir fin collés à la colle néoprène, ou des embouts autocollants : sans eux, l’alêne entame le bois et le cuir garde la marque du serrage. Beaucoup de pinces sont vendues déjà gainées, dites préparées.
- Trace la ligne de couture à 3 à 5 mm du bord, puis marque les points à la griffe.
- Prépare le fil : un fil de lin de 4 à 5 fois la longueur de la couture, ciré, avec une aiguille à chaque bout.
- Serre le cuir dans les mâchoires, la ligne de couture dépassant d’environ 4 mm au-dessus.
- Perce et couds : alêne perpendiculaire au cuir, les deux aiguilles dans le même trou en croisant, en cousant vers toi. Chaque point se serre avec la même force.
- Desserre et avance la pièce quand la couture sort de la zone serrée.
Est-elle indispensable pour débuter ?
Pour le point sellier, oui : un outil qui tient le cuir est indispensable, puisque les deux mains sont prises. Ce n’est pas forcément une pince d’artisan.
Les prix des marchands de cuir ci-dessous ont été relevés le 28 septembre 2026.
Pour essayer sur un porte-cartes ou un étui, un modèle de table suffit, pour une trentaine d’euros.
La pince de table pliante Garosa à 37,90 €, en hêtre, pivote et se serre sur un plateau de table. Vendue par un vendeur tiers, yapdi, sa fiche ne donne aucune dimension, pas même l’évidement : mieux vaut la réserver aux petites pièces.
Pour coudre des sacs, la pince entre les jambes a la place qu’il faut.
Chez Deco Cuir, la pince de sellier pliante coûte 119 €, avec un évidement de 38 sur 9 cm. La pince de 1,05 m de Vergez Blanchard y coûte 162,18 €.
Si ton dos proteste, regarde plutôt un valet : Deco Cuir le conseille aux personnes qui ont mal au dos. Le valet en T, qu’on chevauche, tient la pièce plus haut.

