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Belle Bobine

‹ Tout le tiroir Apprendre à coudre

Tuto couture : les projets dans l'ordre

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page publiée le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Les projets de couture se rangent par la technique qu'ils ajoutent, une seule à la fois.

Après la couture droite viennent le carré retourné par une ouverture, l'élastique enfilé dans une coulisse, puis la fermeture à glissière. Les tutoriels français se classent presque tous par niveau, et presque aucun n'annonce de durée.

Colette derrière trois ouvrages alignés du plus simple au plus grand : torchon, pochette, coussin

Un tuto couture se choisit sur une seule question : quelle technique il t’apprend que tu ne sais pas encore.

La taille de l’objet ne dit pas sa difficulté. Une housse de couette est longue à coudre, elle n’est pas difficile, et le très petit se révèle souvent plus dur que le moyen.

Un premier vêtement l’est, lui, parce qu’il empile trois nouveautés d’un coup : un patron, un ajustement à sa morphologie, des finitions.

Cette page suppose une machine branchée et une ou deux coutures droites derrière toi. Quand on part de zéro, la couture se prend par le vocabulaire et par un bouton recousu, pas par un projet.

J’ai ouvert les tutoriels gratuits de cinq enseignes et blogs français, ainsi que les conditions des ateliers en magasin de l’une d’elles. C’est de là que viennent les chiffres de cette page.

Que faut-il savoir avant de commencer ?

Trois gestes suffisent pour attaquer la première ligne du tableau plus bas. Enfiler la machine, piquer droit sur vingt centimètres, arrêter la couture aux deux bouts.

Le troisième est celui qu’on saute. Le point d’arrêt, deux ou trois points repiqués en arrière au démarrage et à la fin, tient toute la couture au premier lavage.

Si la ligne part de travers dès que le tissu s’allonge, ce n’est pas le projet qui est trop dur. Le premier geste à la machine tient à trois réglages et à deux mains, et ça se travaille sans fil, sur une feuille de papier.

Une technique nouvelle par projet

La règle qui évite l’abandon tient en une ligne : deux nouveautés par projet au maximum, une seule quand on débute.

Quand deux gestes inconnus tombent dans le même ouvrage, l’erreur devient indémêlable. La fermeture ondule, la doublure tire, et rien ne dit laquelle a causé l’autre.

C’est aussi pourquoi un classement par objet renseigne mal. Deux trousses de même taille n’apprennent pas la même chose, selon qu’elles sont doublées ou non.

Les projets dans l’ordre

Chaque ligne ajoute une technique à celle du dessus, une seule.

Six projets de couture empilés du plus simple au plus exigeant, chacun avec la technique qu'il ajoute, et le palier de la fermeture à glissière marqué entre le quatrième et le cinquième
Chaque projet n'ajoute qu'une technique. Le vrai palier est la fermeture à glissière, celle qui sépare celles qui cousent de celles qui ont cousu trois fois.
Ce que tu apprends Le projet Pourquoi celui-là
Retourner un ouvrage sur l’endroit lingettes démaquillantes deux carrés piqués tout autour, une ouverture de cinq centimètres, et on retourne par là
Coudre en rond, enfiler un élastique chouchou la couture se referme sur elle-même, l’élastique entre après dans son tunnel de tissu
Poser une anse et la bloquer tote bag l’anse se coud avant la fermeture du sac, et se tient par un carré piqué
Faire tomber une cote juste housse de coussin le rabat doit recouvrir d’une dizaine de centimètres, sinon la housse bâille
Poser une fermeture à glissière trousse doublée la fermeture se prend à plat entre deux tissus, avant tout montage
Lire un patron, prendre sa taille jupe à taille élastiquée deux coutures droites, aucun trou de manche à ajuster, un tableau de mensurations à lire

Aucun des six ne demande d’essayage. Sur le dernier, un élastique pardonne deux centimètres de tour de taille, ce qu’aucune fermeture ne fait.

Une fois la trousse doublée maîtrisée, le même geste de coin carré sert aussi à rigidifier un panier de rangement, avec un entoilage en plus.

Le tote bag de la ligne trois n’a ni fermeture ni doublure obligatoire : le tuto du sac sans fermeture donne la coupe et le fond.

La jupe réclame un patron, donc une taille relevée au mètre ruban et non sur une étiquette. Lire un patron occupe trois quarts d’heure entre la pochette et le tissu coupé, d’après notre marche à suivre.

Presque personne n’annonce un temps

Les sites de tutoriels français classent par niveau. Presque aucun n’annonce de durée.

Un grand marchand trie ses tutoriels gratuits par niveau, plus de trois cents dans sa catégorie débutante, et aucun ne dit combien de temps il prend.

Même chose sur les quatre autres sites que j’ai ouverts : un niveau parfois, une durée rarement. L’exception utile est Mercerine, qui annonce une heure et demie pour une trousse doublée.

Ce qui se vend à l’heure, en revanche, c’est l’atelier. Mondial Tissus programme ses séances collectives sur deux ou trois heures, à huit participantes au maximum, sur le projet de ton choix.

Deux à trois heures accompagnées : voilà l’ordre de grandeur que le métier retient pour un accessoire. Seule chez toi, compte plus large, puisque personne ne rattrape l’erreur à ta place.

Nos propres marches à suivre tombent au même endroit, avec deux heures pour une trousse la première fois. Pour un résultat le soir même, reprendre la longueur d’un pantalon prend quarante-cinq minutes et ne demande qu’une bobine de fil.

Le palier, c’est la fermeture

La fermeture à glissière sépare celles qui cousent de celles qui ont cousu trois fois.

Elle réclame un pied particulier, cette pièce qui plaque le tissu sous l’aiguille. Le pied à fermeture est décalé : il passe à côté des dents au lieu de buter dessus.

Le montage se fait à plat, et c’est ce qui surprend. Le tissu extérieur, la fermeture et la doublure se piquent ensemble avant que la trousse à fermeture éclair ait la moindre forme.

Sur une jupe ou une robe déjà cousue, le montage change : la fermeture se glisse dans une couture existante.

La longueur de la fermeture se lit sur le mètre, pas sur l’objet fini. Self Couture publie deux tailles de trousse, 13 sur 8 centimètres et 20 sur 12,5, avec des fermetures d’au moins 15 et 20 centimètres.

Apprendre seule, ce qui bloque

Ce qui bloque n’est presque jamais le geste. C’est le moment où le tutoriel décrit un empilement en mots seuls.

Trois épaisseurs posées dans un ordre précis ne se lisent pas, elles se regardent. On part alors chercher une vidéo, même quand le texte est juste.

Le partage utile est celui-ci : le texte pour les cotes et les fournitures, l’image pour l’ordre des couches.

Deuxième blocage, moins avouable. On choisit son projet sur sa photo, et un panier à anses tressées reste joli même quand il contient quatre gestes jamais faits.

Où trouver des tutos gratuits ?

Les enseignes de tissu en publient le plus, et sans rien demander. Les tutoriels de Mondial Tissus arrivent avec leur niveau annoncé et une liste de matériel.

Leur limite se voit vite. Le tuto est écrit autour d’un tissu du catalogue, donc les métrages annoncés suivent la largeur de ce rouleau-là.

Les blogs de couturières viennent ensuite, et leurs commentaires valent souvent la marche à suivre. On y lit à quelle étape les autres ont bloqué, ce qu’aucune notice ne dira.

Reste l’atelier, qui n’est pas gratuit. C’est le seul endroit où quelqu’un te reprend le geste pendant que tu le fais, et ça se justifie surtout sur les deux dernières lignes du tableau.