Devant le rayon, la largeur imprimée sur la carte n’est pas celle qui se verra sur ton ouvrage.
Le chiffre annoncé est celui de la bande dépliée. Une fois posée, elle n’en montre que le quart.
C’est une des finitions qu’on croise le plus tôt quand on cherche par où commencer en couture. J’ai repris les fiches et les guides de trois merceries françaises pour poser ces chiffres.
C’est quoi un biais de couture ?
Une bande de tissu coupée à 45 degrés du droit fil, puis pliée. Le droit fil, c’est la direction des fils qui courent le long de la lisière, celle qu’on repère avant de couper les pièces d’un patron.
Cette coupe en diagonale lui donne une élasticité qu’une bande droite n’a pas. C’est pour ça qu’il suit une encolure sans faire de plis.
Son travail est d’envelopper un bord brut, sur les encolures, les emmanchures, les bords de nappes, de tabliers, et les fonds de poches.
Sur une veste sans doublure, il sert partout : parmi les patrons de veste pour femme, la Criollo de Maison Fauve finit chaque bord au biais, quatre mètres cinquante au total.
Quelle largeur pour un biais ?
Rascol trie ses cartes de 3 à 40 millimètres. Mondial Tissus annonce 5 à 30 millimètres comme l’écart courant du rayon.
Deux repères suffisent, et ce sont ceux de Rascol. 18 millimètres pour le vêtement, 25 millimètres pour le linge de maison.
Le 18 laisse un liseré d’un peu plus de 4 millimètres, assez discret sur une encolure. Le 25 en laisse 6, un liseré qui se voit et devient un détail de la pièce.
Deux cartes en 20 mm, la largeur intermédiaire du tableau ci-dessous : biais BENECREAT noir à 7,99 €, ou biais DOPENSPI blanc à 8,64 €.
Ce que tu verras vraiment
La règle existe dans l’autre sens, pour le biais maison : la bande se coupe à quatre fois la largeur visible voulue, soit 32 millimètres pour 8 millimètres finis.
Appliquée aux cartes du commerce, elle donne ceci. Ce ne sont pas des mesures relevées, c’est cette règle divisée par quatre.
| Largeur sur la carte | Ce qui se voit une fois posé |
|---|---|
| 18 mm | un peu plus de 4 mm |
| 20 mm | 5 mm |
| 25 mm | un peu plus de 6 mm |
Un relevé confirme l’ordre de grandeur. Une fiche de biais pré-plié vichy annonce 25 millimètres ouvert et 12 fermé, et ce fermé se replie encore en deux sur le bord.
Au rayon, sa carte ressemble à celle de l’extrafort, qui est tissé droit. Les mots des étiquettes de mercerie valent d’être lus avant de payer.
Biais apparent ou biais rentré ?
Apparent, tant qu’il n’y a pas de raison de faire autrement. La seconde piqûre se voit, donc elle se rattrape.
Apparent, le biais se pique d’abord sur l’envers, dans la pliure la plus proche du bord. On le rabat sur l’endroit et on repique à 2 millimètres du bord, comme le décrivent Ma Petite Mercerie et Mondial Tissus.
Rentré, le même biais passe entièrement à l’intérieur après la première piqûre. Il ne reste dehors qu’une ligne de points, sa couleur ne se voit plus.
Sur du jersey, Ma Petite Mercerie écarte le biais de coton. Elle renvoie au biais élastique, taillé pour les matières qui s’étirent.
Faire son biais dans son tissu
Le repère se trouve en pliant un coin du tissu, lisière alignée sur la trame. La ligne de pli obtenue est exactement à 45 degrés.
On y trace des bandes parallèles, à quatre fois la largeur visible voulue. Les cotons unis sont les plus faciles, et les tissus très épais se plient mal en quatre.
Deux bandes se joignent en angle droit, endroit contre endroit, par une couture en diagonale. L’excédent se coupe à 6 millimètres et la couture s’ouvre au fer, ce qui rend la jointure presque invisible.
Un appareil à biais replie les deux bords vers le centre pendant qu’on repasse. Clover en fait en 6, 9, 12, 18 et 25 millimètres, Prym en 6, 12, 18, 25 et 50.
Ce chiffre-là est celui du biais plié qui sort de l’appareil, pas celui d’une carte.

