Une boutonnière est une fente bordée de points serrés, dont la longueur se déduit du bouton par une addition.
Le diamètre du bouton, plus son épaisseur. Un bouton de 1,5 centimètre de large et de 0,3 centimètre d’épaisseur demande donc une fente de 1,8 centimètre.
Six boutons à poser sur une pièce finie, c’est six occasions de la trouer au mauvais endroit. La peur est légitime.
Elle tombe sur l’essai. Une boutonnière se pique d’abord sur une chute, et les six suivantes s’enchaînent une fois que le bouton passe dans celle-là.
Compte une demi-heure pour l’essai et les six boutonnières.
Rien de ce qui suit ne sort d’un atelier. J’ai repris deux tutoriels de couture français et les fiches de deux merceries en ligne.
Ces sources tombent d’accord partout, sauf sur un point : la façon de mesurer le bouton.
C’est quoi une boutonnière ?
Une fente cousue dans un vêtement, bordée de points assez serrés pour que le tissu ne s’effiloche pas au passage du bouton. Sur un tricot, elle se fait en tricotant, en rabattant puis en remontant quelques mailles.
Elle a quatre morceaux. Les deux longs côtés s’appellent les lèvres, ce sont deux colonnes de zigzag très serré.
À chaque bout, un paquet de points plus larges forme une bride, qui empêche la fente de filer plus loin dans le tissu.
Les lèvres s’appellent aussi les colonnes ou les perles, et les brides les barrettes ou les points d’arrêt. Le vocabulaire flotte, la pièce ne bouge pas.
Le même mot nomme aussi la fleur qu’on glisse au revers d’une veste d’homme. C’est ce sens-là qui remonte en premier quand on tape le mot tout seul.
Quelle longueur pour ta boutonnière ?
Le diamètre du bouton plus son épaisseur. Certaines maisons ajoutent deux millimètres d’aisance, et c’est l’essai sur chute qui tranche.
Le calcul se lit sur un exemple : un bouton de 1,5 centimètre de large et de 0,3 centimètre d’épaisseur appelle une boutonnière de 1,8 centimètre.
L’épaisseur est le terme qu’on saute. Un bouton n’entre pas à plat dans une fente, il s’y engage par la tranche puis il bascule, donc c’est son épaisseur qui passe en dernier.
Il y a plus simple qu’une règle. Entoure le bouton d’un ruban étroit, bloque le ruban d’une épingle, retire le bouton et mesure la boucle à plat.
Mesure la boucle à plat, puis divise par deux. La boucle fait le tour du bouton, soit deux diamètres et deux épaisseurs : sa moitié vaut donc le diamètre plus l’épaisseur, le chiffre cherché.
Ma Petite Mercerie s’en tient à la taille du bouton, Petit Citron y ajoute l’épaisseur. C’est le seul endroit où les deux ne disent pas la même chose, et c’est celui qui décide si le bouton passe.
Reste la marge. Ni Petit Citron ni Ma Petite Mercerie n’en ajoutent, et tous deux renvoient au même arbitre : une fente d’essai dans une chute, et le bouton qu’on y passe.
Où placer ses boutonnières ?
Par convention, les boutonnières vont à droite sur un vêtement de femme, à gauche sur un vêtement d’homme et sur les vêtements mixtes.
Pour les marquer, superpose les deux bords comme pour fermer la pièce, le bord des boutons dessous. Épingle les boutons tant qu’ils ne sont pas cousus, sinon rien n’indique où tombe la fente.
Sur un patron du commerce, ces repères sont déjà tracés. C’est d’ailleurs une des choses qu’on gagne à travailler avec un patron plutôt qu’à l’œil.
Une boutonnière horizontale est perpendiculaire au bord du vêtement et commence à 0,3 centimètre du bord du bouton. Le bouton s’en échappe moins, parce qu’il tire sur un côté de la fente.
C’est celle des tissus épais et des endroits qui tirent : ceinture de pantalon, poignet, col.
Une boutonnière verticale est parallèle au bord et centrée sur le bouton. On la garde pour les tissus plus légers.
Sur une chemise, la première est souvent horizontale et toutes les suivantes verticales. La première est celle qui tire le plus.
Pour l’espacement, la dernière boutonnière tombe en général à trois ou quatre centimètres du bas. Une jauge extensible règle l’écartement d’un seul geste, de 8 à 61 centimètres, pour huit boutonnières régulières.
Le repère qui compte vraiment est ailleurs. Essaie le vêtement, plante une épingle à l’endroit le plus large du buste, et fais tomber une boutonnière là.
Quel point pour une boutonnière ?
Un zigzag très serré, appelé point de bourdon ou point de feston selon les ateliers.
Une consigne est facile à oublier : le même fil sur la bobine et dans la canette.
À la main, c’est un point de feston rapproché noué sur le bord de la fente. Il se fait avec un fil cordonnet de soie, du fil à broder, ou du fil ordinaire doublé.
Compte 75 centimètres de fil pour un bouton de 2,5 centimètres, et sors l’aiguille à 2 ou 3 millimètres de la fente selon l’épaisseur de lèvre voulue.
C’est une finition à main levée, de la même famille que le point qui ferme une ouverture sans se voir, en beaucoup plus dense.
Les machines proposent ensuite plusieurs formes, et le tissu décide.
| Ton tissu | La forme à choisir | Pourquoi |
|---|---|---|
| Coton, popeline, lainage moyen | standard, rectangulaire | la forme de base des chemises et des pantalons |
| Voile, crêpe léger, soie | fine ou arrondie | points moins larges, fil plus fin, sur un entoilage léger |
| Jersey, tissu à élasthanne | stretch, piquée au zigzag | elle s’étire avec la maille au lieu de la bloquer |
| Manteau, veste, lainage double | arrondie à arrêt long | l’extrémité ronde loge la queue d’un bouton à tige |
| Tissu épais ou velu | cordée | la cordelette donne du volume, la fente ne disparaît pas |
Sur un tissu fin, l’entoilage n’est pas une option. Une simple bande de support thermocollant léger posée à l’envers tient les lèvres droites.
Une étape ou quatre temps ?
Une étape, si le pied à boutonnière livré avec ta machine est long et porte un logement à l’arrière. Quatre temps sinon.
Ce n’est pas une affaire d’électronique. La Janome Sewist 725S est une machine mécanique et fait sa boutonnière en une étape, avec un pied coulissant.
Chez Brother, la coupure passe entre deux modèles d’entrée de gamme : c’est l’un des trois détails qui séparent deux Brother d’entrée de gamme.
En une étape, le bouton se loge à l’arrière du pied. La machine lit sa taille, pique les deux lèvres et les deux brides, puis s’arrête d’elle-même.
En quatre temps, tu pilotes chaque passe avec le sélecteur. Position 1, la première lèvre jusqu’au bout du trait.
Position 2, quatre à six points larges pour la bride. Position 3, la seconde lèvre, que la machine pique en marche arrière.
Position 4 enfin, les points larges de l’autre bride.
Côté réglage, il suffit de tourner le sélecteur sur le symbole de boutonnière. La machine place l’aiguille, choisit le point et sa longueur, que certains modèles laissent ensuite ajuster à la main.
Un pied à boutonnière perdu se rachète à l’unité, comme tout autre pied presseur de rechange, sur une fiche qui cite le nom exact de ta machine.
Ouvrir la fente sans couper trop loin
Une épingle plantée en travers à chaque bout, avant tout le reste. Elle sert d’arrêt : la lame bute dessus au lieu de traverser la bride.
Perce ensuite le milieu au découd-vite, puis finis aux ciseaux fins jusqu’à chaque épingle. Les ciseaux donnent une fente plus nette que la lame en V sur les derniers millimètres.
Il existe un outil dédié, l’ouvre-boutonnière, qu’on trouve au rayon coupe d’une mercerie en ligne. Le modèle courant a une lame de 13 millimètres et une plaque de protection de 6 centimètres sur 6, à glisser sous la couture.
Sa lame coupe net, et la plaque protège à la fois le tissu du dessous et la table.
Deux modèles avec plaque de protection : un Rengue à 14,52 €, ou un Minan, manche bois à 9,29 €.
Rattraper une boutonnière ratée
Une lèvre irrégulière ou trop lâche se repique par dessus, sélecteur sur la position 1, en zigzags serrés.
Si le bouton ne passe pas, ne le force pas : chaque passage en force arrache les points de bourdon. Prolonge les zigzags, pose une nouvelle bride un peu plus bas, puis coupe le tissu jusqu’à elle.
Sur un jersey qui ondule, épingle une chute de coton rigide sur l’envers avant de piquer, et retaille l’excédent après coup.
Quand les fils partent en charpie aux extrémités, une goutte de colle anti-effilochage les bloque.
Sur un manteau très épais ou une fausse fourrure, aucun rattrapage ne tient. La boutonnière cousue n’y est pas indiquée, et c’est la boutonnière passepoilée, bordée de deux rabats de tissu, qui prend le relais.

