Dans un vêtement, la fermeture ne se pose jamais au bord d’un tissu qu’on plie. Elle se pose au centre d’une couture, entre deux pans déjà cousus l’un à l’autre.
J’appelle ça ici la méthode bord à bord, pour la distinguer de celle d’une trousse. Une jupe ou une robe qui s’ouvre dans le dos se ferme presque toujours comme ça.
J’ai croisé plusieurs tutoriels qui posent cette fermeture sur des jupes et des robes, pour voir où la méthode s’écarte vraiment de celle d’une trousse.
Cette page enseigne le geste, pas un patron entier. Il vient se glisser dans une couture que tu as déjà commencée, sur ton propre vêtement, avec les bases de la machine à coudre déjà en main.
Compte une petite demi-heure, une fois cette couture prête.
Une couture, pas un bord de tissu
La fermeture d’une trousse se coud au bord de deux rectangles qu’on assemble ensuite. Celle-ci se coud au milieu d’une couture qui existe déjà, sur une jupe ou une robe.
Le principe change tout. Ici, il n’y a rien à assembler : le vêtement est déjà en une seule pièce à cet endroit, et la fermeture vient se cacher dans son épaisseur.
Réservée au dos ou au devant, déconseillée sur une couture de côté, où le bord a tendance à s’entrouvrir plutôt qu’à rester à plat.
Pour poser un zip au bord de deux rectangles, comme sur une trousse ou une pochette, la méthode est différente et j’en détaille le montage en sandwich ici.
Fermer la couture, puis bâtir
Avant la fermeture, le tissu porte déjà une couture, celle qui joint les deux pans du vêtement. Coudre jusqu’à un repère, puis bâtir, veut dire remplacer la vraie couture par un fil de tenue provisoire sur le reste de l’ouverture.
Pique la couture normalement depuis le bas jusqu’au repère marqué sur le patron. Arrête le point là, aiguille et fil coupés.
Continue ensuite jusqu’en haut avec le point le plus long que ta machine propose. Ce tronçon-là partira à la fin, il ne fait que tenir les bords en place.
La marge de couture, cette bande laissée entre le bord et la piqûre, tourne autour d’un centimètre à un centimètre et demi sur la plupart des patrons. C’est elle qui donne la largeur disponible pour loger la fermeture.
Presser, puis positionner la fermeture
Ouvre le fer sur toute la couture, celle qui est cousue comme celle qui est bâtie. Les deux marges doivent tomber bien à plat, une de chaque côté.
L’endroit du tissu est sa face imprimée, celle qui se verra. L’envers est l’autre face, celle contre laquelle tu poses la fermeture.
Pose la fermeture fermée, face contre le tissu, à l’envers. Ses dents doivent tomber exactement sur la ligne de couture, ni d’un côté ni de l’autre.
Épingle à travers les deux marges de couture et le ruban de la fermeture, perpendiculairement à la ligne de piqûre à venir. Quelques épingles suffisent, une tous les cinq centimètres environ.
Piquer sans pied spécial ?
Le pied fermeture éclair est étroit et décalé, ce qui laisse l’aiguille piquer tout près des dents sans les toucher. C’est le bon outil pour cette étape.
Sans lui, un pied ordinaire fait l’affaire en restant un peu plus loin des dents, et en allant lentement. Les tout derniers points, juste sous le curseur, se terminent alors à la main, à l’aiguille, en petits points arrière.
Pique depuis le bas de l’ouverture. Monte un côté, à 5 à 7 millimètres de la couture, aiguille toujours du même côté du zip.
Arrivé en haut, aiguille plantée dans le tissu, lève le pied et pivote. Traverse le bas de l’ouverture, pivote encore, puis remonte l’autre côté à la même distance.
Un repère qui aide à garder les deux lignes parallèles : un ruban de masquage collé à 5 ou 7 millimètres de la couture, retiré une fois la ligne piquée.
Retirer le bâti
Une fois les deux côtés piqués, tire le fil du tronçon bâti à la main. Il vient d’un coup, sans découdre la couture définitive en dessous.
La fermeture apparaît alors, cousue dans l’épaisseur de la couture, invisible de l’extérieur en dehors de deux lignes de piqûre.
Ce qui coince encore
| Ce que tu vois | D’où ça vient | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| Le tissu godaille (fait des vagues) le long de la fermeture | la marge n’était pas pressée bien à plat | déloger la piqûre du seul tronçon en cause et repasser avant de reprendre |
| Les deux lignes de piqûre ne sont pas parallèles | couture épinglée sans être bâtie | découdre la piqûre, bâtir, repiquer |
| Le curseur dépasse en haut de l’ouverture | fermeture achetée trop longue | choisir une fermeture un peu plus courte que la couture |
| Le tissu se coince dans le curseur en fermant | piqûre trop proche des dents | reprendre la ligne un peu plus loin, vers 7 millimètres |
Quelle fermeture, et pour combien ?
Choisis une fermeture un peu plus courte que la couture à fermer, de la longueur d’une marge de couture environ. Une fois cousue dans l’épaisseur du tissu, elle occupe toute l’ouverture sans dépasser.
Le numéro et la matière, spirale, métal ou moulée, se choisissent selon le tissu et l’usage : le détail par type de vêtement est ici.
Cousue soi-même, une fermeture ne coûte que le prix du zip, quelques euros en mercerie. Faire remplacer une fermeture existante chez un professionnel revient bien plus cher, et les tarifs relevés en atelier sont détaillés ici.
D’autres poses de fermeture
Un curseur qui se déboîte pendant la pose ne veut pas dire fermeture fichue : le remettre en place tient en quelques minutes.
Pour choisir un curseur de rechange sur une fermeture ancienne, la largeur de la maille compte plus que le chiffre gravé dessus, et la correspondance est détaillée ici.
Le report du patron, les marges et le droit fil du tissu se règlent avant cette étape, et les gestes qui précèdent la couture sont ici.

