Fermeture éclair, fermeture zip, fermeture à glissière : les trois mots désignent le même objet. Le Larousse tranche, Fermeture Éclair est un nom déposé et la fermeture à glissière est la chose.
Trois autres mots suffisent ensuite à lire n’importe quelle étiquette de rayon.
La maille, ou chaîne, c’est la rangée de dents qui s’emboîte. Le ruban, c’est la bande de tissu qui la porte, et c’est lui qu’on coud.
Dans la numérotation courante, celle de YKK et des génériques, le numéro reprend à peu près la largeur de cette maille fermée, en millimètres. Éclair Prym, lui, étiquette la maille en millimètres et numérote ses références autrement.
Reste le vrai sujet : laquelle prendre pour ce que tu couds. J’ai croisé les catalogues de trois merceries françaises pour aligner les numéros, les matières et les longueurs qui existent vraiment en rayon.
Quelle fermeture pour quel projet ?
La première fourche se décide par l’ouvrage. Une fermeture séparable se coupe en deux morceaux quand on l’ouvre à fond, une non séparable reste attachée en bas.
Un blouson s’enfile par les deux côtés, une trousse jamais.
| Ce que tu couds | Famille | Maille | Numéro | Longueurs en rayon |
|---|---|---|---|---|
| Trousse, pochette | non séparable | spirale nylon | n° 3 | 15 à 30 cm |
| Braguette de pantalon | non séparable | métal | n° 3 | 10 à 20 cm |
| Braguette de jean | non séparable | métal | n° 5 | 5 à 20 cm |
| Robe, jupe ajustée | invisible | spirale fine | n° 3 | 22 à 60 cm |
| Sweat, veste légère | séparable | spirale | n° 4 ou n° 5 | 30 à 90 cm |
| Blouson, manteau | séparable | métal ou moulée | n° 5 à n° 10 | 40 à 100 cm |
| Sac, housse, coussin | au mètre | spirale ou moulée | n° 5, n° 8 pour un sac à dos | coupée à la demande |
Les longueurs viennent des rayons de Quitisse et de Mercerie Floriane, famille par famille. Au-delà du mètre, les séparables moulées montent jusqu’à trois mètres, pour les housses et l’ameublement.
Pour un sac ou un sac à dos, la fermeture à racheter et la façon de la changer ont leur page.
Une trousse reste l’ouvrage où l’on pose sa première fermeture, et ce qui s’y apprend est moins le zip que l’ordre des coutures d’une trousse doublée. Dans un vêtement, la pose change de méthode : le zip se glisse au centre d’une couture, pas au bord d’un rectangle.
Séparable, non séparable, invisible
La non séparable est la plus représentée en rayon. Chez Mercerie Floriane elle pèse 46 références sur les 84 du rayon, contre 16 séparables.
Elle équipe tout ce qui ne s’ouvre pas en grand : robes, jupes, jeans, trousses, pochettes.
La séparable porte un boîtier serti sur un ruban et, sur l’autre, une pièce qui vient s’y loger. C’est ce couple qui autorise les deux pans à se détacher.
L’invisible est un cas à part. Sa spirale est cachée sous le ruban, et une fois posée on ne voit qu’une couture et le bout de la tirette.
Elle se vend surtout en n° 3, de 22 à 60 centimètres. C’est le choix par défaut sur une robe ou une jupe ajustée.
Reste la double curseur, deux curseurs sur la même maille, qui s’ouvre aussi par le bas. Les parkas en portent, et les merceries la tiennent de 40 à 100 centimètres.
Métal, spirale ou maille moulée ?
Trois matières couvrent tout le rayon, chacune reconnaissable à l’œil nu.
Le métal, souvent du laiton, se monte dent par dent, chaque dent sertie sur le ruban. C’est la plus résistante des trois, et c’est celle des jeans.
La spirale est une spirale de polyester ou de nylon, cousue ou tissée dans le ruban. C’est le modèle le plus courant, le plus souple, et le plus discret sur un tissu fin.
La maille moulée, dite aussi injectée, est du plastique coulé directement sur le ruban. Elle tient les grandes largeurs et les usages rudes.
Le métal n’est pourtant pas le bon choix en plein air. La moulée ou la spirale s’imposent dès que la fermeture n’est pas protégée par du tissu, les synthétiques encaissant mieux les intempéries.
Sur un tissu épais, jean ou cuir, on revient au métal.
Le numéro ne dit pas la largeur
Le numéro ne donne que la largeur de la maille. La place que la fermeture occupe sur le tissu est bien plus grande.
Deux fiches de Mercerie Floriane le chiffrent. Une maille moulée n° 5 mesure 5 millimètres fermée et 33 millimètres avec son ruban.
Une spirale n° 5 fait 29 millimètres au total. Le 5 millimètres des fiches est le chiffre nominal : mesurée, la maille d’un n° 5 va de 5,8 à 6,6 millimètres selon la matière.
Le rapport se pose vite : six à sept fois la largeur annoncée, et quatre millimètres d’écart entre deux fermetures du même numéro.
Ça décide de deux choses. La place disponible de chaque côté d’abord, puisque le ruban doit rentrer sous le tissu.
La raideur ensuite : une moulée n° 5 durcit le bord d’une pochette légère plus qu’une spirale du même numéro.
Sur un tissu souple, une bande de thermocollant léger le long du bord raidit juste ce qu’il faut avant de piquer.
Quelle longueur acheter ?
La longueur annoncée est celle de la maille, pas du ruban. Le ruban dépasse en haut et en bas, et ce surplus ne compte jamais.
Mondial Tissus et Ma Petite Mercerie donnent la même méthode : mesure l’ouverture à fermer, puis ajoute deux centimètres.
Les pas du rayon sont larges. En dessous de 30 centimètres on trouve du 10, 12, 15, 18, 20, 25 et 30, et au-delà les longueurs montent de cinq en cinq jusqu’au mètre.
Sur une braguette, les pas descendent beaucoup plus bas, puisque le n° 5 jean se vend de 5 à 20 centimètres.
La bonne longueur exacte n’existe donc presque jamais.
Pour ne pas être prise au dépourvu en pleine couture : un lot de 72 fermetures DOITEM à 16,99 €, toutes couleurs et longueurs mélangées, ou un lot en résine 20 et 30 cm à 9,99 €, plus ciblé sur les longueurs courantes.
La fermeture au mètre
C’est une maille vendue en bande continue, sans longueur imposée. Chez Mercerie Floriane elle se commande par tranches de dix centimètres.
Le piège est écrit en majuscules sur sa fiche produit : vendu sans curseur. Il se commande à part, au bon numéro et à la bonne matière.
Quelques références font exception et livrent un curseur tous les quarante centimètres.
Le numéro courant au mètre est le n° 5, et le 3, le 4, le 8 et le 10 existent aussi. Le 10 se vend même en version spécial camping.
Une bande coupée n’a ni haut ni bas, et sans arrêts fabriqués aux deux bouts le curseur sort par l’extrémité.
D’où son terrain de prédilection, les sacs, les housses de coussin et l’ameublement, où les deux extrémités finissent prises dans une couture.
Le nom des pièces
Six pièces, et trois d’entre elles se commandent à l’unité quand elles lâchent.
Le curseur est la pièce mobile qui emboîte ou sépare les dents. La tirette est ce qu’on attrape pour le tirer, et Quitisse rappelle qu’elle se remplace seule tant que le curseur fonctionne.
Le butoir, ou arrêt, est la petite barre sertie en haut et en bas de la maille. Elle empêche le curseur de quitter le ruban.
Sur une séparable, le bas change de forme. Les catalogues appellent broche ou manchon la pièce qui vient se loger dans le boîtier.
Une pièce cassée ne condamne pas la fermeture. Trois pannes sur quatre se règlent sans la changer, et réparer une fermeture éclair donne le geste de chacune.
Sans machine, le prix d’un remplacement chez une couturière dépend surtout de la matière.
Un tissu simplement coincé ne casse rien non plus, et se dégage sans rien changer.
Les curseurs, les butoirs et les tirettes se vendent d’ailleurs à l’unité, dans les tiroirs du rayon mercerie.
Sur un vêtement, le zip n’est pas la seule fermeture possible. Une rangée de boutonnières au bon écartement fait le même travail, sans pièce mécanique à casser.

