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Belle Bobine

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Tissu wax : origine, entretien et où l'acheter

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page publiée le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Le tissu wax est un coton imprimé à la cire sur ses deux faces, une technique inventée à Java et industrialisée aux Pays-Bas au XIXe siècle avant de s'imposer en Afrique de l'Ouest.

Il se lave à 30 degrés maximum, jamais au sèche-linge, et se repasse sur l'envers.

Colette tient un morceau de tissu wax au motif coloré

Deux mêmes motifs, un peu moins vifs à l’envers, distinguent le tissu wax de tout autre coton imprimé.

C’est une teinture à la cire, appliquée sur les deux faces, née à Java et rendue industrielle aux Pays-Bas. J’ai croisé l’histoire du textile et les fiches techniques des marchands pour poser les faits, la matière, l’entretien et le geste qui trie le vrai du faux.

Qu’est-ce que le tissu wax ?

Le wax est un tissu de coton imprimé selon une technique de teinture à la cire, appliquée sur les deux faces avant la coloration.

Le mot vient de l’anglais wax, la cire. Elle protège certaines zones du tissu pendant la teinture, ce qui donne ce motif identique des deux côtés, l’endroit un peu plus vif que l’envers.

C’est un coton à 100 %, tissé serré. Un marchand annonce un grammage de 120 à 180 grammes au mètre carré selon les collections, un repère plutôt qu’une norme fixée par tous.

Selon son origine, le tissu porte d’autres noms : wax hollandais, imprimé afrique, parfois ankara. Ce ne sont pas des tissus différents, seulement des étiquettes qui disent d’où vient le rouleau.

Le wax est né en Indonésie

L’histoire commence à Java, avec le batik, une teinture artisanale à la cire pratiquée depuis des siècles. Au XIXe siècle, des industriels néerlandais tentent de la mécaniser pour la vendre sur place.

Le résultat ne convainc pas les Indonésiens, qui préfèrent leur batik fait main aux irrégularités de la version industrielle. Le tissu trouve un autre public par un détour colonial : des soldats ghanéens, engagés par les Pays-Bas et envoyés combattre à Sumatra, rapportent des batiks chez eux au retour.

L’Afrique de l’Ouest adopte le tissu et ses irrégularités, qu’elle lit comme un signe de vie plutôt qu’un défaut. Le commerce s’installe ensuite depuis le Ghana, et le wax devient au fil du XXe siècle un vêtement du quotidien, du Ghana au Sénégal.

Le tissu est-il africain pour autant ? La question divise.

On parle aussi de wax africain, ou de tissu africain wax, pour désigner le même tissu, sans que le nom tranche la question de son origine.

Il porte aujourd’hui l’identité visuelle d’un continent entier, alors que la technique qui l’a créé vient d’ailleurs. Les deux versions se lisent l’une à côté de l’autre dans les sources qui racontent son histoire, sans qu’aucune ne l’emporte.

Où est fabriqué le tissu wax aujourd’hui ?

Trois zones se partagent la production. Les Pays-Bas, avec la maison Vlisco, fondée en 1846 à Helmond, qui fabrique le wax hollandais, le plus coûteux et le plus copié.

Vlisco en produit environ 76 millions de yards par an, écoulés à 90 % en Afrique.

L’Afrique de l’Ouest fabrique désormais l’essentiel du wax qu’elle porte. Le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigeria comptent parmi les principaux pays producteurs du continent, avec un savoir-faire industriel construit depuis les indépendances.

L’Asie, la Chine en tête, fournit des imitations moins chères. Beaucoup ne sont pas du wax au sens strict : l’impression se fait en une passe, sur une seule face, sans cire, ce qui explique des couleurs qui déteignent plus vite.

Comment reconnaître un vrai tissu wax ?

Le test tient dans le tissu lui-même : retourne le coupon. Sur un wax véritable, le motif traverse la cire et ressort à l’identique sur l’envers, seulement un peu moins vif.

Une imitation imprimée à plat ne montre rien ou presque de ce côté-là, un fond pâle et uni, parfois juste une ombre du dessin.

Comparaison en deux panneaux : sur un vrai wax, le motif imprimé se retrouve presque à l'identique à l'endroit et à l'envers du tissu ; sur une imitation, le motif est net à l'endroit mais absent ou très pâle à l'envers
Retourne toujours le coupon : motif net des deux côtés, c'est un vrai wax.

Les fiches techniques le confirment aussi au toucher. La cire laisse un grain un peu raide au neuf, qui s’assouplit avec les lavages.

Quelles utilisations pour le tissu wax ?

Le vêtement reste son usage premier : robes, chemises, boubous, accessoires. Compte autour d’un mètre cinquante à deux mètres pour une robe adulte, en laize standard, la largeur du tissu d’une lisière à l’autre.

En déco, il habille coussins, nappes et rideaux, où ses couleurs franches tranchent avec un intérieur neutre.

Sa densité et sa tenue en font aussi un bon candidat pour un assemblage en patchwork. Vérifie quand même son grammage face aux autres cotons du projet : un wax plus lourd qu’un uni tire la couture au lavage.

Comment entretenir un tissu wax ?

Le wax se lave à 30 degrés maximum, en programme délicat, avec une lessive douce.

Le sèche-linge est à éviter : la notice recommande de s’en passer, sous peine d’abîmer le tissu. Un séchage à l’air libre suffit.

Le repassage se fait sur l’envers, fer doux, sans vapeur directe sur l’endroit, pour garder l’éclat que donne la cire.

Comment coudre un tissu wax ?

Une aiguille universelle de 80 ou 90 suffit sur la plupart des wax, un peu plus fine que pour un jean.

Un point droit classique, autour de 2,5 millimètres, tient bien. Des points trop courts froncent le tissu sur les longues coutures.

Contrairement à la soie, le wax ne glisse pas sur la table de coupe d’après les fiches techniques : il reste en place sans épingles. Ça aide à tracer au plus près du droit fil, les fils qui courent parallèles à la lisière.

Un prélavage à 30 degrés avant de couper évite une mauvaise surprise. Le coton peut rétrécir de 3 à 5 % à son premier lavage, un écart qui déplace un patron déjà taillé.

Pour un sac ou une trousse, un entoilage thermocollant donne au wax, seul plutôt souple, la tenue qui lui manque.

Où acheter du tissu wax ?

Le tissu se trouve au mètre chez les marchands spécialisés en tissus africains, en ligne comme en boutique, et de plus en plus au rayon coton imprimé d’une mercerie généraliste.

Les prix suivent la zone de fabrication : un wax hollandais coûte nettement plus cher qu’un wax d’Afrique de l’Ouest, lui-même au-dessus d’une imitation asiatique.

Avant de commander, vérifie la laize annoncée, souvent autour de 110 centimètres, et si le prix affiché vaut pour un mètre ou pour le coupon entier. Une boutique de tissus au mètre précise en général cette mention sur chaque fiche.