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Belle Bobine

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Ciseaux de couture : six familles, une seule à acheter

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page mise à jour le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Six outils de coupe se partagent un atelier de couture : les ciseaux tailleur, la paire de couture courante, les ciseaux à broder, le coupe-fil, le cranteur et le cutter rotatif.

Pour commencer, une seule paire suffit, entre 21 et 23 centimètres selon la taille de la table de coupe. Compte une dizaine d'euros en premier prix, et davantage pour un tailleur, selon l'acier et la fabrication.

Colette montre une paire de ciseaux de couturière classique

Une seule paire suffit pour commencer, et le rayon la situe entre 21 et 23 centimètres.

Au-dessus, la lame est faite pour glisser à plat sur une grande table. En dessous, elle sert au fil et aux petites pièces.

Le reste du tiroir se remplit ensuite, ouvrage après ouvrage : un coupe-fil, un cranteur dont la lame dentelée coupe en zigzag, une paire de broderie.

J’ai repris les catalogues des merceries françaises et ceux des couteliers, pour mettre en face de chaque famille les longueurs qui se vendent vraiment.

Une règle circule partout sans jamais sa raison : ne jamais couper de papier. Elle en a une, et elle tient dans ce qu’on ajoute au papier pour qu’il prenne l’encre.

Les six familles du rayon

Six outils se partagent la coupe dans un atelier de couture. Un seul compte le premier jour, les cinq autres arrivent avec les projets.

Ce que tu coupes Le nom sur l’étiquette Longueurs vues en catalogue
Un vêtement entier, posé à plat ciseaux tailleur 23 à 28 cm
La couture de tous les jours ciseaux de couture, ou lingère 16 à 21 cm
Un fil au ras du tissu ciseaux à broder 9 à 12 cm
Un fil entre deux coutures coupe-fil 11 à 13 cm
Un bord qui va s’effilocher ciseaux cranteurs 21 à 23 cm
Des lignes droites, plusieurs épaisseurs cutter rotatif lames de 18 à 60 mm

La colonne de droite donne l’ordre de grandeur le plus courant chez ces marchands, pas la totalité de leur catalogue. Ce n’est pas non plus un tableau de correspondance : personne ne coupe ses tailles aux mêmes centimètres.

Les ciseaux à broder et le coupe-fil font le même travail sur le fil. Les catalogues les rangent pourtant dans deux rayons, les premiers pour la coupe au ras avec des pointes fines, le second pour les finitions.

Le cutter rotatif ne joue pas dans la même catégorie, puisque sa lame roule sur le tissu au lieu de le pincer. C’est l’outil de base de la coupe en patchwork, où tout se joue sur des lignes droites. Les ciseaux électriques, eux, soulagent la main sur les grandes coupes.

Quelle longueur pour commencer ?

Vingt et un centimètres.

Rascol donne cette lame comme celle qui couvre la majorité des besoins. Bohin place l’équilibre un cran plus haut, à 23 centimètres, et réserve les 26 aux grandes longueurs de tissu.

Ce qui décide n’est pas le tissu qu’on coupe, mais la table sur laquelle on le pose.

Une lame longue est faite pour glisser à plat sous le tissu sans le soulever. Elle suppose donc une surface où la pièce tient entière.

Sur un coin de table, le tissu déborde et la grande paire perd l’avantage qui la justifie.

À quinze centimètres et en dessous, on change de métier. Ces lames courtes sont rangées du côté de la broderie et de la précision, pas de la coupe.

Les mêmes ciseaux vus de profil sur une table de coupe, dans deux positions : lame du dessous posée à plat sous le tissu, qui reste plan, puis paire tenue en biais, sous laquelle le tissu se soulève devant la lame
La lame du dessous d'un tailleur reste sur la table pendant toute la coupe. C'est ce qui empêche le tissu de se soulever, et c'est aussi ce qui rend la grande paire inutile sur un plan de travail trop petit.

Ce qui sépare deux paires

À longueur égale, trois choses font l’écart de prix entre deux paires.

L’acier d’abord : L’inox évite la corrosion, et un traitement au titane renforce la résistance à l’usure.

L’épaisseur des lames ensuite : une lame épaisse vibre moins et reste stable dans la coupe.

La fabrication enfin, puisque chez le ciselier de Nogent une paire passe par une cinquantaine d’opérations à la main et sort numérotée sur ses deux branches.

Reste la main qui tient l’outil, un critère que la longueur ne rattrape jamais.

Des ciseaux gauchers ont les lames inversées, pour que la ligne de coupe reste visible depuis la main gauche. Couper avec des ciseaux droitiers en main gauche provoque fatigue et imprécision.

Les modèles ambidextres existent aussi, avec des anneaux symétriques. On en trouve autour de 21 centimètres.

Pourquoi jamais sur du papier ?

Parce que le papier n’est pas fait que de fibre végétale.

On y ajoute des charges minérales, carbonates et kaolins, pour que l’encre reste en surface. Ces particules sont abrasives, et c’est le fil de la lame qui les encaisse.

Elles émoussent une paire en quelques utilisations. Un ciseau à tissu reste dédié au tissu.

La règle se retient mieux une fois posée ainsi : ce n’est pas le papier qu’on interdit, c’est l’abrasif qu’il transporte.

Le papier d’un patron se découpe donc avec une autre paire, la plus ordinaire possible, gardée à l’autre bout de la table.

Les épingles, elles, s’enlèvent avant de couper : une lame qui se referme sur une épingle peut s’ébrécher.

Le cranteur ne surfile pas

Le bord cranté s’effiloche quand même, simplement plus tard.

Le cranteur suffit sur une pièce peu manipulée, un sachet, une lingette, un prototype. Sur un vêtement porté et lavé, non.

L’outil se range en complément de la surjeteuse, jamais en remplacement.

Ce que la lame dentelée apporte reste réel. Elle stabilise un bord plus durablement qu’une lame droite, mais seulement sur les tissés qui s’effilochent : sur la maille, les dents accrochent et déforment le bord.

Sur une pièce qui passe à la machine chaque semaine, ça ne tient pas. Un zigzag cousu fait le travail, et un bord fini au biais le fait aussi.

Affûter plutôt que racheter

Une paire qui coupe mal n’est pas bonne à jeter, elle se remet en état.

Un rémouleur professionnel la réaffûte, et l’opération prolonge nettement la durée de vie de l’outil.

Le ciselier de Nogent va plus loin et annonce assurer les réparations, la remise à neuf et le rechromage des ciseaux qu’on lui envoie.

Aucun des deux ne publie de tarif. C’est donc une question à poser avant d’envoyer la paire, pas après.

La fente à couteaux d’un aiguiseur de cuisine ne convient pas : elle affûte un tranchant fin des deux côtés, alors qu’une lame de ciseaux n’a qu’un biseau, bien plus ouvert. Si l’aiguiseur a une fente prévue pour les ciseaux, c’est celle-là qu’il faut utiliser.

L’entretien courant tient en trois gestes. Essuyer les lames après chaque séance, ranger la paire dans son étui, et déposer une goutte d’huile sur le pivot de temps en temps.

Combien y mettre au départ ?

Une dizaine d’euros.

Une paire de 21 centimètres se trouve autour de dix euros, et un coupe-fil entre cinq et onze.

Bohin démarre ses ciseaux de couture professionnels au-dessus de vingt euros, et ses tailleurs professionnels au-dessus de cinquante.

Chez le ciselier de Nogent, une lingère faite main va d’une quarantaine à un peu plus de cinquante euros selon la longueur. Un tailleur y dépasse cent vingt.

Le premier prix coupe déjà correctement, et ce qu’on paie au-dessus tient à l’acier, à l’épaisseur de la lame et à la main qui l’a montée.

Pour un premier achat : ciseaux KUONIIY à 6,99 €, ou ciseaux BVEKADO 24 cm à 15,99 €.

Ce que paie une paire de tailleur professionnelle se lit ligne par ligne sur les fiches.

Une paire se juge mal sur photo, et le tiroir à ciseaux d’une mercerie reste le seul endroit où on la prend en main avant de payer.

Une fois achetée, elle décide du rangement plus qu’aucun autre outil. Ses vingt et un centimètres ne rentrent pas partout, et le format d’une boîte à couture se choisit sur cette cote.

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