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Belle Bobine

‹ Tout le tiroir Patchwork et quilting

Patchwork : par où commencer quand on débute ?

Par , qui lit les notices pour ne pas t'obliger à le faire · page mise à jour le

la réponse d’abord, le détail ensuite

Le patchwork consiste à assembler des morceaux de tissu pour en faire une seule pièce, appelée le top.

Le quilting vient après : il pique ce top avec une couche moelleuse et un tissu de dos. La marge de couture du patchwork vaut un quart de pouce, soit 6,35 millimètres, et elle ne change jamais. Un premier ouvrage tient en neuf carrés de coton assemblés au point droit.

Colette tient une règle de patchwork transparente et un bloc de neuf carrés en damier

Une couverture en patchwork, c’est une seule pièce de tissu fabriquée à partir de dizaines de petits morceaux.

Le geste tient en une règle et un chiffre. On coupe des formes simples, presque toujours des carrés pour commencer, et on les assemble avec une marge de couture d’un quart de pouce qui ne bouge jamais.

Un quart de pouce, c’est 6,35 millimètres. Le patchwork est né en anglais et les modèles comptent encore en pouces.

Un premier ouvrage demande neuf carrés, deux cotons qui se répondent, un point droit et un après-midi.

J’ai repris les glossaires des sites de patchwork francophones, les catalogues de matériel des merceries françaises et les fiches des tissus vendus pour cet usage. De quoi séparer ce qui est indispensable de ce qui peut attendre le deuxième ouvrage.

Qu’est-ce que le patchwork ?

Le mot ne dit rien de plus que le geste : des morceaux, un assemblage. Le résultat, lui, porte un nom.

C’est le top, la face visible, celle qu’on photographie.

Un top n’est pas encore une couverture. Il lui manque deux couches : le molleton, la nappe moelleuse qui tient chaud, et le tissu de dos.

Ces trois épaisseurs superposées forment ce que les couturières appellent le sandwich. On les pique ensuite ensemble, d’un seul tenant.

Patchwork ou quilting : la différence

Deux gestes distincts, souvent confondus parce qu’ils se suivent dans le même ouvrage.

Le patchwork assemble les morceaux à plat, bord à bord. Le quilting, ou matelassage, pique ensuite les trois épaisseurs les unes aux autres.

Une fois matelassé, l’ouvrage change encore de nom. C’est un quilt, le mot anglais pour un ouvrage à trois couches piquées.

On peut faire du patchwork sans jamais quilter. Une trousse, un sac ou une housse de coussin s’arrêtent au top.

L’inverse existe aussi. Un quilt taillé dans un seul tissu est matelassé sans porter le moindre morceau assemblé.

Que veut dire patchwork en français ?

Le mot est anglais et se traduit à peu près par travail de pièces, patch désignant le morceau qu’on rapporte sur un vêtement usé.

Le français n’a pas d’équivalent d’usage pour la technique.

Pour l’ouvrage fini, en revanche, il en existe un : courtepointe, une couverture de lit ouatée et piquée. Le Larousse le donne sans marque de région, mais dans les ateliers on entend plus souvent quilt.

Le patchwork se mesure en pouces

C’est ce qui déroute le plus quand on arrive de la couture de vêtements.

Les modèles donnent leurs tailles en pouces, et un pouce vaut 2,54 centimètres. Les règles se vendent dans les deux graduations, souvent les deux à la fois.

Deuxième piège, plus coûteux : la taille annoncée d’un carré est presque toujours sa taille finie, une fois cousu. La marge s’ajoute des deux côtés avant de couper.

Le calcul ne bouge pas. Taille de coupe égale taille finie plus un demi-pouce, soit 1,27 centimètre, qu’on lit 1,3 sur une règle.

Carré fini À couper, en pouces À couper, en centimètres
2 pouces 2,5 6,4 cm
3 pouces 3,5 8,9 cm
4 pouces 4,5 11,4 cm
5 pouces 5,5 14 cm
6 pouces 6,5 16,5 cm

Choisis une colonne et n’en change plus en cours d’ouvrage. Des carrés coupés les uns en pouces, les autres en centimètres arrondis au demi, ne se rejoignent plus au bout du rang.

Quelle est la technique du patchwork ?

Quatre gestes, toujours dans le même ordre.

On coupe les morceaux au cutter rotatif, contre une règle et sur un tapis autocicatrisant, ce qui va bien plus droit que des ciseaux.

On assemble endroit contre endroit, à un quart de pouce du bord, au point droit réglé plus court qu’en couture de vêtement.

On repasse après chaque couture, sans en sauter une seule. Un carré mal repassé fausse tous ceux qui viennent se coudre après lui.

On matelasse enfin le top, le molleton et le dos ensemble, avant de fermer le tour de l’ouvrage par une bande de finition.

Deux familles se partagent l’assemblage. La machine prend les formes droites, carrés, bandes et triangles.

La main prend les formes qui s’emboîtent, hexagones en tête, selon ce qu’on appelle la méthode anglaise.

Chaque morceau y est bâti, c’est-à-dire fixé par de grands points provisoires sur un gabarit en papier, puis cousu à son voisin au point de surjet.

Le matériel qui compte vraiment

Trois achats changent le résultat, le reste est du confort.

Le cutter rotatif et son tapis viennent en premier. Les catalogues des merceries listent des lames de 18 à 60 millimètres de diamètre, et c’est le 45 millimètres qu’on voit partout au rayon : kit cutter et tapis à 29,99 €.

La règle de patchwork est transparente et porte un repère à 45 degrés. Son format se désigne en centimètres, mais sa graduation peut être en pouces.

Un format 15 par 30 suffit au début, et le 15 par 60 coupe dans toute la largeur du tissu.

Le tissu compte autant que l’outil. Un coton de patchwork est une popeline serrée, souvent vendue en laize de 110 centimètres, quand un coton d’habillement se déroule plutôt en 140 ou en 150.

Son grammage tourne autour de 110 à 150 grammes au mètre carré selon les fiches, avec du 115 et du 130 sur les références que j’ai ouvertes. C’est fin, ça se coupe net, et ça ne bâille pas dans les angles.

Il se vend aussi en fat quarter, le format propre au patchwork : un rectangle d’environ 45 sur 55 centimètres.

Le fil de coton et les aiguilles s’achètent au comptoir d’une mercerie. Le molleton et la bande de finition attendent le jour où tu matelasseras, ils ne servent pas au premier ouvrage.

Et la machine ? Celle que tu as déjà, sans rien y changer, parce que le patchwork s’assemble au point droit et que la moindre mécanique d’entrée de gamme l’exécute sans broncher.

Deux options se révèlent utiles ensuite. Le pied de quart de pouce, qui donne la marge sans repère à tracer, et les griffes d’entraînement escamotables, ces dents sous l’aiguille qu’on abaisse pour matelasser librement.

Par quel projet commencer ?

Neuf carrés. C’est le bloc de base du patchwork, ce qu’on appelle un bloc étant un carré d’assemblage qu’on répète ensuite, et celui-là se monte en un après-midi.

Trois rangs de trois, en alternant deux tissus : cinq carrés du premier, quatre du second.

Coupe-les à 11,4 centimètres, soit 4,5 pouces si ta règle est graduée ainsi. Un fat quarter de chaque tissu suffit largement.

Une fois les neuf carrés cousus, ton bloc mesurera 31,8 centimètres sous la règle. C’est la cote de coupe, marges comprises : il ne fera ses 30,5 centimètres annoncés qu’une fois pris dans les coutures de ses voisins.

Bloc de neuf carrés en patchwork, cinq foncés et quatre clairs, avec le détail d'un carré montrant sa cote de coupe de 11,4 cm et sa cote finie de 10,2 cm
Chaque carré perd un quart de pouce de marge sur chacun de ses quatre bords. C'est pour ça qu'on coupe toujours plus grand que la cote annoncée par le modèle.

Ce bloc seul tient en un après-midi. Il reste à lui coudre un dos et une fermeture pour en faire une housse de coussin, ce qui est de la couture ordinaire et non du patchwork.

Le vrai piège du premier projet se joue avant la machine, dans le choix des deux tissus. Des tons qui contrastent franchement pardonnent les petites imprécisions, des tons proches donnent une bouillie.

C’est ce qui rend les chutes de wax si commodes : leurs contrastes sont si marqués que le motif fait le travail à ta place.

Ce que tu veux faire Par où passer
Un premier ouvrage en un après-midi neuf carrés coupés à 11,4 cm, montés en coussin
Un plaid pour le canapé des bandes cousues puis recoupées en travers
Recycler des chutes de wax ou de vieilles chemises des carrés tous de la même taille, coupés dans du tissé
Coudre à la main, sans machine la méthode anglaise et ses hexagones sur papier
Matelasser toi-même un grand ouvrage une machine à griffes escamotables

Le passage au grand format ne se fait pas carré par carré. On coud des bandes entières, puis on les recoupe en travers, ce qui réduit nettement le nombre de coutures.

Un plaid en patchwork vient donc après le coussin, parce qu’il ajoute le matelassage et la bande de finition au travail d’assemblage.

Pour le tout premier, les modèles gratuits à télécharger ont un avantage précis : les tailles de coupe y sont déjà calculées, marge comprise.

Liens partenaires : si tu achètes après avoir cliqué, Belle Bobine touche une commission, sans que ton prix change. Ça ne décide jamais de ce qu’on recommande.