C’est un geste de couture à la main, qui demande une aiguille, du fil et une craie de tailleur. Le plus délicat : des points qui ne se voient pas, et une seconde moitié posée pile en face.
J’ai repris une dizaine de tutoriels, français et américains, et un manuel de réparation. J’en ai gardé leurs accords, leurs désaccords, et le tableau de ce qui rate.
Le fil, l’aiguille, l’emplacement
Une aiguille fine, un fil solide assorti au tissu, et une craie de tailleur ou un crayon textile pour placer la seconde moitié. Le fil doit être solide parce que la pression tire sur lui à chaque ouverture.
Avec un fil faible, c’est elle qui finit par se détacher.
Le fil assorti a aussi sa raison. Les points se posent à cheval sur le bord de la pression, donc ils restent visibles autour d’elle, côté intérieur.
La pression se place dans la croisure, la bande où les deux pans se superposent. Son centre se pose à environ 1 cm du bord fini, 1,5 cm sur un tissu épais.
Trop près, le tissu finit par se déchirer sous l’effort. Trop loin, la pression ferme mal et le bord bâille.
Pour le sens, beaucoup de tutoriels cousent la bille sous le pan de dessus, sur l’envers, la face cachée du tissu. D’autres font l’inverse.
Pour une pression à coudre, aucun fabricant ne l’impose. La règle de la notice Prym, creux en haut, vaut pour le métal posé à la pince, détaillé sur la page des familles de pressions et leurs outils de pose.
L’important est de garder le même sens sur tout le vêtement.
Combien de points par trou, et lequel ?
De 2 à 5 points par trou, selon la taille de la pression et l’épaisseur du fil. Les tutoriels les plus brefs s’arrêtent à 2 ou 3, les plus prudents montent à 5.
Une petite pression de chemisier prend le bas de la fourchette, une grosse pression de veste le haut.
Les points se serrent les uns contre les autres, à cheval sur le bord de la pression, sans déborder loin sur le tissu.
Le point est un surjet, qui passe par-dessus le bord du trou, ou un feston, qui pose une petite boucle sur ce bord. Les étapes ci-dessous suivent le surjet.
Pour une boutonnière, on garde le feston : le point de boutonnière, un feston noué sur la fente, en est la version serrée.
Coudre la bille, trou par trou
On commence par la bille, sur l’envers du pan de dessus.
- Marque l’emplacement à la craie, dans la croisure.
- Sur un bord doublé, les points ne prennent que l’épaisseur intérieure, la doublure ou la parementure, cette bande repliée à l’intérieur du bord. La pression reste invisible sur l’endroit, comme avec le point glissé d’une couture qui ne se voit pas. Sur une seule épaisseur, l’aiguille traverse forcément : prends très peu de tissu à chaque point.
- Le nœud de départ se cache sous la pression. Fais un nœud au bout du fil et prends un petit point sur la marque. Pose la bille dessus et tiens-la du pouce : elle recouvre le nœud.
- Premier trou. Fais sortir l’aiguille au milieu d’un trou, puis repique juste à l’extérieur de la pression, contre son bord. Recommence 2 à 5 fois dans le même trou, les points serrés les uns contre les autres.
- D’un trou à l’autre, on passe sous la pression. Sur un bord doublé, l’aiguille glisse dans l’épaisseur intérieure jusqu’au trou suivant, sans ressortir sur l’endroit. Sur une seule épaisseur, elle ne prend là aussi qu’un brin de tissu.
- Le point d’arrêt empêche la couture de se défaire. Fais un nœud autour du dernier point et repasse le fil sous les points faits, puis pique dans l’épaisseur et coupe à ras.
Placer la seconde moitié en face
Frotte une craie de tailleur sur la pointe de la bille déjà cousue. Ferme le vêtement, bords alignés, et appuie : la craie marque le pan de dessous.
Le creux se centre sur cette marque, côté endroit. Avant de le coudre, tiens-le en place et referme la bille dessus : les deux bords doivent tomber alignés.
Il se coud ensuite comme la bille, trou par trou.
Autre méthode, sans craie : accroche le creux sur la bille, ferme le vêtement, et trace au crayon textile le tour du creux sur le pan de dessous.
Tissu fin, tissu épais
Sur la soie, le voile ou la dentelle, la pression à coudre est la bonne réponse, car aucune pièce ne traverse le tissu.
Une petite taille reste discrète, et les points se posent sans serrer pour garder la souplesse.
Sur un tissu épais, on prend une pression plus grande. Les points montent donc en haut de la fourchette, puisque leur nombre suit la taille.
Une réparation aussi se fait plus volontiers à l’aiguille. Les boîtes se trouvent au présentoir des pressions à coudre d’une mercerie, en laiton ou en plastique.
Remplacer une pression qui a lâché
Une pression cousue qui s’est détachée se recoud au même endroit, trou par trou. On retire d’abord les restes de l’ancien fil.
Une pression sertie, posée à la pince ou au marteau, arrachée avec son tissu relève plutôt d’une retoucheuse : il faut d’abord reprendre le tissu.
Ce qui rate, et pourquoi
| Ce que tu vois | La cause | Ce qu’on refait |
|---|---|---|
| Le tissu fronce autour de la pression | points trop serrés | découdre, recoudre sans tirer |
| Des points sur l’endroit d’un bord doublé | l’aiguille a pris toutes les épaisseurs | ne prendre que l’épaisseur intérieure |
| La pression ne se ferme pas | les deux moitiés sont décalées | recoudre le creux sur la marque de craie |
| La pression se détache | fil faible ou nœud trop léger | fil solide, nœud d’arrêt repassé sous les points |
| Le tissu se déchire au bord | pression trop près du bord | la décaler vers l’intérieur de la croisure |
Comment clipser des boutons pression ?
Une pression à clipser ou à griffes ne se coud pas. Elle se pose aux doigts, à la pince ou au marteau.
Tout ce qui précède ne concerne que la pression à coudre, celle aux quatre petits trous.
Pour mettre des boutons pression, le choix se fait donc avant de commencer. L’aiguille va au tissu fin, à la réparation et à la pression cachée, la pince aux pressions visibles, du body à la toile épaisse.

