Un bouton de manteau tombe rarement par hasard.
Souvent, il était cousu à plat. Il tirait sur ses fils à chaque fermeture, et ils ont cassé.
Le recoudre au même endroit ne suffit donc pas. Il lui faut un fil plus solide, une petite tige de fil et, sur un tissu lourd, un second bouton caché sur l’envers.
J’ai repris une douzaine de tutoriels de merceries, d’ateliers et de couturières, et les fiches d’un fabricant de boutons.
Comment coudre un bouton à trous ?
Un bouton à trous se coud par allers-retours entre deux trous, le nœud caché sur l’envers, la face intérieure du vêtement.
Compte une aiguillée d’environ 50 cm, la longueur d’un bras. Plus longue, elle s’emmêle.
- Retire les restes de l’ancien fil et repère les petits trous qu’il a laissés : c’est l’emplacement exact. Pour un bouton ajouté, ferme le vêtement et marque le centre de la boutonnière à la craie.
- Double le fil : glisse l’aiguille au milieu de l’aiguillée et noue les deux brins ensemble. Deux brins divisent par deux le nombre de passages.
- Pique de l’envers vers l’endroit, sous le bouton, et passe l’aiguille dans un premier trou. Sur un manteau, traverse d’abord le petit bouton de renfort posé sur l’envers (voir plus bas).
- Fais 4 à 6 allers-retours par paire de trous, par-dessus une cale posée en travers du bouton pour la tige (voir plus bas). Sur un bouton à quatre trous, on coud une paire puis l’autre, en parallèle ou en croix, comme les autres boutons du vêtement.
- Forme la tige (section suivante), puis termine sur l’envers par deux petits points superposés, un nœud, et coupe à ras.
Les tutoriels vont de 3 passages à une dizaine. La plupart s’arrêtent à 4 à 6, et montent jusqu’à 8 sur un bouton de manteau.
Le bouton à queue, lui, n’a pas de trous sur le dessus. Il porte dessous un petit anneau, la queue, et c’est dans cet anneau que passe le fil, à chaque passage, points serrés contre le tissu.
La queue joue déjà le rôle de la tige, donc on ne lui en ajoute pas.
Pourquoi faire une tige sous le bouton ?
Quand on boutonne, le pan qui porte la boutonnière vient se loger entre le bouton et le tissu. Un bouton cousu à plat n’a pas cette place, alors il tire sur ses fils à chaque fermeture, et ce sont eux qui cèdent.
La tige de fil, une petite colonne de fil entre le bouton et le tissu, lui rend cet espace. Sa hauteur suit donc l’épaisseur du pan à boutonnière : à peine sur une chemise fine, nette sur un manteau.
Pour la former sans y penser :
- Pose une cale en travers du bouton, entre les trous : une allumette ou un cure-dent sur un tissu épais. Sur une chemise fine, elle est facultative. Tous les passages se font par-dessus.
- Retire-la une fois les passages faits. Le bouton se décolle un peu du tissu.
- Fais ressortir l’aiguille sous le bouton, sans passer par un trou, et enroule le fil 5 à 6 fois autour des brins, en serrant.
- Repique vers l’envers et arrête le fil.
Sur un jean, certaines doublent l’espace avec un cure-dent coupé en deux, les deux moitiés ensemble.
Comment recoudre un bouton de manteau ?
Sur un pantalon, un jean ou un manteau, on change de fil avant de changer de geste. Un fil trop fin s’use vite sous la traction : on prend un fil à boutons, un cordonnet ou un fil spécial jean, toujours doublé.
La tige devient obligatoire, et les passages montent en haut de la fourchette.
Sur un manteau, un bouton de renfort répartit l’effort. C’est un petit bouton plat cousu sur l’envers, juste derrière le bouton principal, et les deux se cousent ensemble : chaque passage traverse le bouton, le tissu, puis le petit bouton.
Un bouton arraché avec un morceau de tissu, en revanche, demande de reprendre d’abord l’étoffe. C’est une réparation qui se confie à une retoucheuse si tu ne veux pas t’y risquer.
Quel réglage de machine pour un bouton ?
La machine va plus vite que la main sur une série de boutons à trous. Il faut que ses griffes d’entraînement s’abaissent, ou qu’une plaque les couvre.
Ce sont les petites dents sous l’aiguille qui font avancer le tissu, et ici le tissu doit rester sur place.
- Pose le pied pose-bouton, dont la semelle caoutchoutée empêche le bouton de glisser. Chez Brother, c’est le pied M, chez Janome le pied T. Sur une Janome mécanique, Simac indique le pied F, sans semelle caoutchoutée : vérifie le pied qui correspond à ta machine avant d’en commander un.
- Abaisse les griffes d’entraînement, ou pose la plaque couvre-griffes si ta machine en fournit une.
- Choisis le zigzag, longueur de point à zéro, ou le programme bouton s’il existe. Règle la largeur sur l’écart entre les deux trous.
- Si ton pied pose-bouton porte un levier de tige, tire-le avant de piquer. Glisse le bouton sous le pied, maintenu par un bout de ruban adhésif qui laisse les trous libres, et pique lentement plusieurs allers-retours.
- Laisse 10 cm de fil en coupant, rentre-le sur l’envers à l’aiguille à main et noue-le au fil de canette.
Pour un bouton à quatre trous, on refait l’opération sur la seconde paire.
La tige, elle, s’enroule toujours à la main.
Largeur et longueur se règlent sur les mêmes molettes que pour une première couture droite à la machine.
Comment faire un bouton de couture ?
Un bouton assorti au vêtement se fabrique avec des ébauches à recouvrir, en métal ou en plastique, de 11 à 38 mm de diamètre chez Prym.
On découpe un rond de tissu d’après le patron imprimé sur l’emballage, et le moule de l’outil presse le dessus du bouton dans le tissu. Le fond se presse ensuite par-dessus, et une roue dentée intérieure garde le tissu tendu sur le modèle métal.
Selon le tissu, les boutons finis se lavent jusqu’à 60 degrés. Les deux modèles portent un œillet dessous : ils se cousent comme un bouton à queue.
Quel point pour une boutonnière ?
Une boutonnière se coud à la main au point de boutonnière, un feston serré noué sur la fente, ou à la machine au zigzag serré.
Sans fente, sur un tissu fin ou pour une pression cachée, les pressions à coudre trou par trou se posent à la même aiguille.

